Madagascar : « guerre civile » dans le sud, 22 morts

Des scène de violences ont été observées dans le sud-est de Madagascar, entre deux villages. Au moins 22 personnes sont mortes et plus de 3 000 autres ont été déplacées.

Au moins 22 personnes ont perdu la vie dans des affrontements entre deux quartiers dans le sud-est de Madagascar, selon le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC).

Les violences, qui ont éclaté le 8 mai dans la commune rurale de Maromby, ont fait par ailleurs près de 3 700 sans abris. Les déplacés ont été installés dans des tentes mises à disposition par des organisations humanitaires. Les forces de l’ordre et les secours sont sur place.

Selon le média linfo.re, les habitants de deux villages d’Amboasary Sud, Andranondambo et Ambatotsivala, se livrent une guerre sur fond de vols de zébus et contrôle de minerais. Les batailles les plus intenses ont été enregistrées les 10 et 11 mai derniers. Aujourd’hui, la presse locale parle d’une véritable « guerre civile », en dépit d’une opération de pacification opérationnelle depuis lundi à Andranondambo, mais elle peine à faire revenir les villageois dans leur fief. Ces derniers craignent des représailles après la mort de cinq villageois qui tentaient de rentrer chez eux. Selon des témoins, ils ont été décapités.

« Scènes apocalyptiques »

Les forces de l’ordre parlent de «scènes apocalyptiques ». « A notre arrivée, un chien errant était en train de dévorer un bras arraché d’un corps. Dans une maison anéantie par les flammes, nous avons mis la main sur une dépouille. L’air était irrespirable », a raconté le chef d’escadron Théodule Ranaivoarison, commandant du groupement de la gendarmerie de la région d’Anosy, à L’Express de Madagascar.

D’après le quotidien, les tensions ont vu le jour en 1991, lorsque des exploitants ont investi Andranondambo suite à la découverte d’un gisement de saphir et de mica. Furieuse, la population locale a décidé de s’établir à 2,5 km plus loin, à Ambatotsivala. Il n’aura suffit qu’une simple bagarre ne dégénère au marché d’Andranondambo, à cause d’un vol de zébus, pour raviver les tensions. Les habitants d’Ambatotsivala, qui auraient perdu l’un des leurs, ont alors mené une riposte sanglante.