Madagascar : fortes tensions autour de l’affaire Rajaonarivelo

La tension monte à l’approche de la présidentielle malgache du 3 décembre. L’opposant malgache Pierrot Rajaonarivelo est toujours interdit de territoire mais maintient qu’il déposera sa candidature avant la date butoir du 14 octobre. Ses partisans se sont heurtés, mardi, à la police, qui a arrêté six personnes, dont un député.

Pierrot Rajaonarivelo persiste et signe. L’opposant malgache, empêché d’atterrir à Toamasina (Est de Madagascar) le week-end dernier, affirme qu’il remettra sa candidature à la Haute cour constitutionnelle avant la date butoir du 14 octobre. Seulement, les autorités ont fermé l’aéroport de la ville pour une durée « indéterminée », selon le ministre des Transports. Du coup, Pierrot Rajaonarivelo, secrétaire national de l’Avant-garde pour la rénovation de Madagascar (Arema), a quitté dimanche la Réunion et se trouve actuellement à l’Ile Maurice. Il qualifie, dans un communiqué, cette affaire de « grave atteinte aux droits de l’Homme », accusant le Président Marc Ravalomanana d’« écraser toute liberté avec des tirs lacrymogènes et des prises d’otage ».

Car depuis l’interdiction de territoire de Pierrot Rajaonarivelo, en exil depuis juillet 2002 en France, ses partisans protestent et la police réplique. Le millier de militants venus accueillir à l’aéroport l’ancien vice-Premier ministre, qui a exercé sous le Président chassé par un putsch Didier Ratsiraka, ont été la cible de gaz lacrymogènes. Apparemment, le même scénario s’est reproduit, mardi à Ankirihiry, après que les pro-Pierrot Rajaonarivelo ont jeté les bases d’une grève générale et s’apprêtaient à se rendre à une manifestation. Les circonstances sont assez troubles, mais des gaz lacrymogènes auraient été lancés sur les opposants et des coups de feux auraient été tirés.

Condamné par contumace, il risque l’emprisonnement

Selon Gilbain Pily, chef de la province Toamasina interrogé par l’AFP, les forces de l’ordre ont par ailleurs procédé à l’arrestation de six personnes : « quatre jeunes militants, le sénateur (Arema) de Mahajanga (ouest du pays, 580 km au nord-ouest de Antananarivo), Pierre Fajy, et un journaliste de ‘Objectifs Malaza’ ». Un militaire aurait été blessé pendant les heurts. Une école et plusieurs commerces ont par ailleurs fermé boutique, par sécurité. Le calme semblait revenu dans la soirée.

Pierrot Rajaonarivelo n’a pas dit son dernier mot. Il entend coûte que coûte atterrir à l’aéroport international d’Ivato. Les leaders de l’opposition auraient même prévu une « marche de la liberté » pour l’accueillir. Mais si Pierrot Rajaonarivelo parvient à remettre pied sur la Grande Ile, il passera sans doute par la case prison. L’homme est en effet sous le coup d’un mandat d’arrêt car condamné par contumace à 15 ans de travaux forcés pour immixtion dans les deniers publics et à trois ans de prison pour usurpation de fonction. Certains opposants, qui doutent de la transparence et de la neutralité du prochain scrutin, espèrent que les récents problèmes précipiteront la chute du chef de l’Etat Marc Ravalomanana.