Madagascar crie famine !

Les autorités malgaches tirent la sonnette d’alarme : les récoltes sont compromises et les produits de première nécessité sont rares sur les étals. Le ministère du Commerce et de la consommation lance un plan d’urgence. Les réserves alimentaires arrivent à épuisement.

 » Nous sommes à la veille d’une catastrophe humanitaire. Il y a des risques importants de famine. Surtout dans la région Tamatave. Les masses ne peuvent plus rien acheter. Les usines ferment, les revenus baissent énormément. Il y a un grand problème. Cela ne peut pas continuer comme ça. C’est du terrorisme alimentaire ! On (le camp du président sortant, Didier Ratsiraka, ndlr) dynamite les ponts, on mitraille les vaches ! « , s’offusque un haut cadre au ministère de l’Agriculture. Les récoltes de riz et de maïs sont compromises à cause de la pénurie lancinante de carburant et des barrages routiers tenus par les fidèles de Ratsiraka.

Forcer les barrages

Au ministère du Commerce et de la consommation, on tient le même langage alarmiste.  » Les habitants de la capitale souffrent des pénuries à répétition. Les produits de base, à l’exception relative du riz, sont hors de portée des bourses modestes. L’huile, le sucre et les produits laitiers sont devenus des produits de luxe « , s’indigne un cadre du ministère qui a requis l’anonymat. La hausse des prix s’explique par le coût élevé du transport aérien et maritime.  » Le prix est multiplié par trois car, pour contourner les barrages militaires et les ponts détruits, les opérateurs économiques acheminent leurs produits par avion et par bateau, en passant par des ports secondaires « .

Le ministère du Commerce et de la consommation a lancé cette semaine un plan d’urgence aux contours flous. Il fait appel au sens patriotique et de  » responsabilité  » des différents acteurs de la chaîne de production agricole : du paysan au consommateur en passant par les intermédiaires.

Un mois avant la famine annoncée.  » Nous avons des réserves minimales pour un mois. Après ce délai, nous serons dans une impasse alimentaire. Il faut forcer les barrages pour permettre le déplacement des gens et des biens. Il n’y a aucun plan d’urgence. Les ministères ne possèdent même pas assez de carburant pour le déplacement de leur personnel. Alors, un plan d’urgence du ministre du Commerce… « , évacue, d’un air excédé, notre interlocuteur au ministère de l’Agriculture.