Madagascar : à Nosy Be, l’association FUTUR alerte contre un possible empoisonnement des chiens errants


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Chiens errants
Chiens errants

L’association FUTUR réclame l’abandon immédiat de toute campagne d’empoisonnement des chiens errants à Nosy Be, à Madagascar. Alertée par des habitants et par l’association locale Nosy Save Animals, elle demande aux autorités et aux acteurs locaux de retenir des solutions durables : stérilisation, vaccination, identification et dialogue avec les vétérinaires.

Une alerte venue du terrain

À Nosy Be, île touristique majeure de Madagascar, la question des chiens errants prend une tournure inquiétante. L’association FUTUR affirme avoir été alertée en urgence par des habitants et par l’association locale Nosy Save Animals au sujet d’un possible projet de campagne d’empoisonnement. Selon les informations qu’elle relaie, une telle opération pourrait être engagée dans les prochains jours.

Dans son communiqué, FUTUR dit redouter une mesure violente et inefficace. L’association fait état de signalements préoccupants : des chiens retrouvés à l’agonie dans l’espace public, sur les plages ou dans les rues, parfois dans des zones fréquentées par les habitants, les enfants et les touristes. Des animaux domestiques auraient également été touchés, ce qui alimente l’inquiétude des propriétaires et interroge sur les méthodes employées.

Ces scènes choquent une partie de la population locale. Voir des animaux mourir dans l’espace public, sans prise en charge rapide, est éprouvant pour les habitants, et particulièrement pour les enfants. FUTUR pointe un risque qu’elle juge à la fois animal et sanitaire : une atteinte au bien-être des animaux, mais aussi une menace pour la sécurité et la tranquillité des riverains.

Une méthode contestée et sans effet durable

La gestion des chiens errants reste un sujet complexe, en particulier dans les territoires où les moyens vétérinaires sont limités. L’empoisonnement est toutefois largement dénoncé par les organisations de protection animale et par des spécialistes de santé publique. Il provoque des souffrances importantes, expose d’autres animaux au danger et ne règle pas le problème sur la durée.

Sans politique de fond, les populations canines se reconstituent rapidement. Des chiens venus d’autres zones occupent les espaces laissés vacants, et les naissances non contrôlées entretiennent le phénomène. Les approches reconnues reposent plutôt sur des programmes de stérilisation, de vaccination, d’identification et de suivi des animaux.

À Madagascar, où la rage demeure un enjeu de santé publique, la vaccination constitue un levier essentiel. Une politique efficace doit protéger les habitants, les animaux domestiques et les chiens errants, sans recourir à des pratiques brutales qui risquent d’aggraver la défiance entre la population, les autorités et les associations

Un enjeu également touristique pour Nosy Be

Nosy Be vit sur son image touristique. Plages, biodiversité, accueil, nature préservée. Une campagne d’empoisonnement menée dans l’espace public pourrait provoquer une réaction très négative, surtout si des images d’animaux agonisants venaient à circuler sur les réseaux sociaux. La réputation de la destination s’en trouverait directement exposée.

FUTUR demande donc l’abandon immédiat de tout projet d’empoisonnement et l’ouverture d’un dialogue avec les vétérinaires, les associations et les acteurs locaux. L’organisation plaide pour une politique animale durable, transparente et encadrée, capable de répondre aux préoccupations sanitaires sans renoncer à la compassion ni fragiliser l’image de l’île.

Pour l’association, Nosy Be pourrait incarner une gestion responsable. Le choix appartient désormais aux autorités locales

Hélène Bailly
Spécialiste de l'actualité d'Afrique Centrale, mais pas uniquement ! Et ne dédaigne pas travailler sur la culture et l'histoire de temps en temps.
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