Maroc : après la condamnation de Ben Nasnas, le débat enfle sur les dérives du buzz religieux


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Un chien gisant sur le sol
Un chien gisant sur le sol

Deux jours après la condamnation du youtubeur Ben Nasnas à huit mois de prison ferme, l’affaire continue de faire réagir au Maroc. Au-delà de la vidéo polémique tournée autour de l’Aïd Al-Adha, ce dossier pose la question des limites imposées aux contenus viraux mêlant religion, violence animale et provocation numérique.

Au Maroc, l’affaire Ben Nasnas ne s’est pas refermée avec le verdict. Deux jours après la condamnation du youtubeur à huit mois de prison ferme et à une amende de 20 000 dirhams, le dossier continue d’alimenter les discussions sur les réseaux sociaux et dans les médias marocains.

Car au-delà de la peine prononcée par le tribunal de première instance de Témara, cette affaire est devenue le symbole d’un malaise plus large. Jusqu’où peut aller la provocation en ligne lorsqu’elle touche à la religion, à la violence faite aux animaux et aux codes sociaux d’une fête aussi sensible que l’Aïd Al-Adha ?

Une vidéo à l’origine des poursuites

Le créateur de contenu était poursuivi pour plusieurs infractions. Les chefs d’accusation retenus comprenaient notamment « l’atteinte à la religion islamique », la « mise à mort et mutilation d’un animal sans nécessité », les « menaces de commettre des délits et des crimes », ainsi que des faits liés à la « débauche », à « l’incitation à la violence et à l’agression » et à la diffusion de contenus numériques « portant atteinte à l’ordre public et aux bonnes mœurs ».

Le tribunal prononce une peine de prison et une amende

Après plusieurs audiences consacrées à l’examen de cette affaire, le tribunal a rendu son jugement. Les magistrats ont condamné Ben Nasnas à huit mois d’emprisonnement ferme. La peine est assortie d’une amende de 1 874 euros. Le jugement porte également sur les demandes formulées par plusieurs associations et organisations de la société civile. Elles s’étaient constituées dans cette procédure. Le tribunal a décidé de rejeter les demandes civiles présentées par ces parties.

Le retentissement de l’affaire tient aussi au profil du mis en cause. Ben Nasnas appartient à cette génération de créateurs dont la visibilité repose sur la rupture, le choc et la recherche de viralité. Or, au Maroc comme ailleurs, ces contenus placent désormais les autorités devant une difficulté croissante. Comment distinguer la provocation, aussi choquante soit-elle, des infractions susceptibles de troubler l’ordre public ou de heurter des références religieuses fortement protégées.

Le rejet des demandes civiles formulées par plusieurs associations n’efface pas la portée symbolique du jugement. En condamnant lourdement Ben Nasnas, la justice marocaine envoie un signal aux créateurs de contenu. Reste désormais à savoir si cette affaire demeurera un cas isolé ou si elle ouvrira une séquence plus large de contrôle des contenus numériques jugés attentatoires à l’ordre public, aux bonnes mœurs ou aux sensibilités religieuses..

Malick Hamid
Je suis passionné de l’actualité autour des pays d’Afrique du Nord ainsi que leurs relations avec des États de l’Union Européenne.
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