Macky Sall au Maroc, l’économie au cœur de la visite

Alors que sa visite devait s’achever samedi, Macky Sall a décidé de prolonger son séjour jusqu’au 31 juillet pour souligner la particularité des relations sénégalo-marocaines. Véritable exemple de coopération entre pays africains, le Maroc et le Sénégal ont démontré, une fois de plus, les liens qui les unissent : liens d’amitié, de fraternité, liens sociaux et familiaux mais aussi et surtout, liens économiques. Mohamed VI était à Dakar en Mars 2013, Macky Sall lui retourne l’invitation au mois de Juillet de la même année. Les intérêts sont réels, les liens évidents.

De notre correspondante au Maroc

C’est un accueil royal qui a été accordé à Macky Sall lors de son arrivée au Maroc. Le roi du Maroc en personne a été l’accueillir, entouré de S.A.R le Prince Héritier Moulay El Hassan et de S.A.R le Prince Moulay Rachid. A leur arrivée à la Place du Mechouar de Casablanca, les deux chefs d’état ont gagné la tribune d’honneur pour assister, au son des hymnes nationaux respectifs, les 21 coups de canon en signe de bienvenue au président sénégalais.

A l’occasion de sa visite africaine, le souverain marocain avait insisté sur ces relations, soulignant que « la coopération maroco-sénégalaise constitue un partenariat stratégique, multiforme et volontariste, grâce notamment à l’échange régulier de visites entre hauts responsables, à l’instauration de consultations permanentes entre les deux pays, ainsi qu’au soutien politique réciproque et systématique ».

Le Sénégal n’a jamais cessé de constituer un allié sûr et important pour le Maroc. Plus de 60 accords bilatéraux, couvrant plusieurs secteurs, unissent les deux pays, les échanges enregistrent une croissance régulière, notamment avec les dessertes aériennes des deux « hubs » et l’axe routier reliant le Maroc au Sénégal via la Mauritanie. La visite de Macky Sall ces derniers jours n’a fait que renforcer ce partenariat par la signature d’accords bilatéraux supplémentaires.

Six accords bilatéraux majeurs

C’est autour de six axes que les signatures ont raisonné : le premier relatif au protocole de coopération entre les Conseils Economiques et Sociaux des deux pays. Le second a concerné un accord bilatéral dans les domaines des affaires islamiques. S’en est suivi le domaine du tourisme, en présence des ministres du tourisme respectifs. Une entente dans l’industrie du transport maritime est venue renforcer l’accord de transport que connaissent déjà les deux alliés. Une alliance s’est formée autour de l’aquaculture et enfin, le dernier document et non pas des moindres, a concerné une signature de haut niveau entre les instances patronales. En effet, cette dernière convention prévoit un partenariat économique entre les instances patronales des deux pays, signée en présence de Baidy Agne, représentant du Conseil National du Patronat du Sénégal et Miriem Bensalah Chaqroune, présidente de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc.

Rabat-Dakar, un exemple de coopération africain

Le Sénégal est l’un des premiers pays à avoir signé des accords avec le Maroc au lendemain de son indépendance. C’est aujourd’hui le premier partenaire au niveau des grands projets tels que les campagnes sociales ou le développement rural.

Le Président sénégalais a salué «la coopération féconde, couvrant une dizaine de secteurs et scellée dans soixante-six accords», qualifiant les relations bilatérales maroco-sénégalaises de «régulièrement soignées et revitalisées et promises à un avenir encore plus radieux». Le roi du Maroc a pour sa part noté «la hausse des investissements privés marocains, réalisés au Sénégal dans les secteurs banquier, financier et des assurances», dynamique qui va permettre de «drainer davantage d’investissements privés marocains vers les autres secteurs».

Plusieurs entreprises et institutions marocaines ont déjà un pied à Dakar, certaines ayant pignon sur rue tels que les banques BMCE Bank et Attijariwafabank. D’autres instances comme Banque Populaire, la compagnie aérienne Royal Air Maroc, les groupes immobiliers Addoha, Ammor et Chaabi sont bien implantés et travaillent conjointement entre les deux pays.