
Cinq ans après « Envoûté », Lyna Mahyem retrouve Imen Es sur « Tout se sait », un titre piano-voix qui marque un retour aux sources. Patronne de son propre label depuis 2023, l’artiste franco-algérienne se confie sur cette collaboration, son rapport au piano, sa liberté d’indépendante et son lien puissant avec le public algérien. Rencontre avec une artiste qui a fait de l’authenticité un étendard.
Entre Paris et Alger, Lyna Mahyem trace sa route avec détermination. Depuis qu’elle a créé Mabelle Music en 2023, la chanteuse de 32 ans gère sa carrière de A à Z, entourée d’une équipe fidèle. Avec « Tout se sait », elle revient à l’essence de son art : le piano, son premier amour musical, et des textes qui parlent vrai. Une conversation entre amies sur la trahison et le doute, incarnée aux côtés d’Imen Es dans un format épuré qui laisse toute la place à l’émotion. Rencontre avec une artiste qui a fait de l’authenticité son étendard, aussi bien dans les studios parisiens que sur les scènes algériennes où elle déchaîne les passions.
Avec « Tout se sait », vous retrouvez Imen Es cinq ans après « Envoûté ». Qu’est-ce qui vous a donné envie de retravailler ensemble, et pourquoi avoir choisi cette fois un format piano-voix, plus épuré ?
Lyna Mahyem : La raison qui m’a donné envie de refaire un morceau avec Imen Es, c’est que j’apprécie l’artiste et son univers, mais c’est aussi une amie en dehors de la musique avec qui je m’entends super bien. C’est toujours un plaisir de travailler avec elle. On a choisi un piano-voix car la thématique de ce titre avait besoin d’espace pour se faire comprendre.
Tu as commencé à composer au piano à 15 ans, sur un synthé offert par ton père. Quel rôle cet instrument joue-t-il encore dans ton processus créatif aujourd’hui ?
Lyna Mahyem : Je suis amoureuse du piano, c’est un instrument qui atteint ma sensibilité la plus profonde. C’est magique : sans mot, juste des notes, et mon cœur s’emballe. C’est mon instrument préféré.
En 2023, tu as lancé ton propre label, Mabelle Music. Tu gères désormais ta carrière de A à Z. Est-ce que ce statut de « patronne » a changé ta façon de travailler en studio, surtout face à une autre artiste au caractère fort comme Imen Es ?
Lyna Mahyem : J’étais amenée à devenir ma propre boss. Bien évidemment, je me suis associée avec ceux qui me suivent et qui m’épaulent depuis 10 ans maintenant – big up à Moussa et Thomas. Mais après tant d’années d’expérience, j’ai appris à être plus organisée et concise dans ma façon de travailler. Et puis Imen est agréable, entre femmes on se sait.
Tu es connue pour tes textes engagés (violences, maladie…). Avec « Tout se sait », on sent une blessure différente. Est-ce que pour toi, raconter l’intime et les trahisons, c’est aussi une forme de combat ou de thérapie ?
Lyna Mahyem : « Tout se sait » raconte un échange entre deux amies : une qui est perdue entre tristesse et doutes dans sa relation, et l’autre amie qui est là pour soutenir. Une histoire commune à beaucoup de personnes. Raconter des choses qui n’existent pas ne me ressemble pas, j’aime parler vrai. C’est comme ça que j’ai pu créer ma fan base et les gens qui consomment ma musique. Elles se reconnaissent dans mes chansons comme si on se connaissait, et c’est une victoire pour moi. On a tendance à exposer nos victoires et pas nos défaites, mais avec le temps et l’expérience, ce sont nos échecs qui nous font grandir et ce sont des passages qu’on ne peut pas effacer de nos vies. Je suis pour banaliser le fait qu’échouer est normal, ce n’est pas une honte. La musique, c’est ma thérapie : j’y déverse ma peine, je chante ma joie. La trahison fait partie de la vie, il faut l’accepter, et dans toutes les relations, quelles qu’elles soient, il y a des hauts et des bas.
Tu chantes régulièrement en arabe algérien – « Zina », « Jamais Yensak » avec Numidia Lezoul, « Ena W Yek »… Tu as aussi fait la première partie d’Anas à la Coupole d’Alger devant 4 000 personnes et provoqué des scènes de folie au centre commercial Bab Ezzouar. Comment décrirais-tu ta relation avec le public algérien ?
Lyna Mahyem : Le public algérien, c’est la force, c’est tout ce qui coule dans mes veines. Je fais un big up à mon amie Fifi qui s’occupe de mon management en Algérie et qui me fait découvrir mon pays davantage. C’est toujours un plaisir de revenir sur ma terre, c’est un beau pays avec beaucoup de talents aussi. L’Afrique est riche culturellement, j’en suis fière.
Et as-tu des projets concrets pour développer ta carrière de l’autre côté de la Méditerranée ?
Lyna Mahyem : Pour le moment, je suis en train de travailler des titres avec l’espoir qu’ils traversent non seulement la Méditerranée, mais aussi le monde entier. Je mets beaucoup d’amour, d’espoir et de détermination dans ma musique : le monde entier en a besoin.



