Lutte anti-tabac : l’OMS appelle à la vigilance

Le tabac fait des ravages dans le monde. En effet selon l’OMS, près de six millions de personnes meurent chaque année des méfaits du tabac. C’est l’une des premières causes évitables de morbidité et de mortalité dans le monde. C’est pourquoi, à l’ occasion de la journée mondiale sans tabac célébrée le 31 mai, l’Organisation mondiale de la santé a lancé un appel aux dirigeants nationaux. Cela afin de renforcer leur vigilance contre les attaques de plus en plus agressives de l’industrie. Des agressions qui sapent les politiques visant à protéger les populations des méfaits du tabac.

(De notre correspondant)

La consommation de tabac continue de croître dans le monde. Une situation inquiétante selon l’OMS. En effet, selon l’Organisation mondiale de la santé, si aucune mesure n’est prise pour endiguer l’épidémie de tabagisme, le nombre annuel de décès dus au tabac dans le monde pourrait atteindre 8 millions d’ici 2030 dont 70% surviendraient dans les pays en voie de développement comme le Mali. Pire, si la tendance actuelle se poursuit la consommation de tabac devrait doubler en Afrique d’ici douze ans.

Au Mali, selon de récentes études effectuées par des étudiants et des chercheurs, 30% des jeunes sont fumeurs. Le tabagisme s’explique par un certain nombre de facteurs dont le déficit d’information sur les méfaits du tabac, l’accès facile au tabac et aux autres produits dérivés, l’insuffisance d’un mécanisme de réglementation de la vente du tabac sous toute ses formes, la méconnaissance et la non-application des mesures législatives relatives au tabagisme. « Je fume depuis 2000. Et c’est par simple curiosité que je me suis mis à la cigarette. La simple curiosité de découvrir ce qu’il y a dans la cigarette », soutient Ibrahim Diakité.

Conséquences néfastes

Selon le Dr Ilo Diall, cardiologue au CHU du Point-G, un fumeur régulier sur deux meurt prématurément des causes de son tabagisme. La moitié de ces décès touchent des personnes âgés de 35 à 69 ans. Chaque bouffée de fumée de cigarette contient une quantité de nicotine suffisante pour tuer un rat auquel on l’aurait injectée, soutient le docteur Diall. Pour lui, l’augmentation de la prévalence du tabagisme parmi les jeunes filles est préoccupante. Ainsi, il ressort de l’enquête globale de SOS tabagisme sur le tabagisme chez les jeunes au Mali, que 12,6 % des filles de 13 à 15 ans fumaient en 2002.

Face à cette situation préoccupante le gouvernement malien a adopté une loi interdisant toute forme de publicité ou d’activité de promotion du tabac. La loi vise à renforcer les actions de lutte contre le tabagisme et leur impact au Mali. Elle protège les enfants, en particulier les mineurs et les autres non-fumeurs des incitations à la consommation de tabac. Cette loi protège également les non-fumeurs de l’exposition à la consommation du tabac et impose des mesures tendant à informer le public des risques liés à la consommation de tabac et à l’exposition à la fumée du tabac.

Pourtant, contrairement aux pays occidentaux où il est interdit de fumer dans certains lieux publics, les Maliens fument dans les bars, les restaurants, les transports en commun, exposant d’autres personnes à la fumée. C’est pourquoi le directeur général de l’OMS, le Dr Margaret Chan, exhorte les gouvernements à avoir le courage de faire ce qu’il faut pour protéger leurs citoyens des multinationales du secteur du tabac qui tentent « sans vergogne » des poursuites judiciaires contre ceux qui se sont mis en première ligne dans la guerre contre le tabac.

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