Lomé supplie Bruxelles

L’économie togolaise tourne au ralenti depuis 1993, date de la suspension des aides européennes. Isolé sur le plan international, le Togo supplie Bruxelles de revoir sa politique de coopération. Mais l’Union européenne exige toujours, en préalable, le retour à la démocratie et au respect des droits de l’Homme.

50 milliards de F CFA. Malgré un léger début de reprise économique, l’économie togolaise tourne toujours au ralenti. Plusieurs chantiers sont arrêtés faute de liquidités. Les caisses de l’Etat sont désespérément vides. Les fonctionnaires et les étudiants, très touchés par la chute des revenus, n’arrêtent pas d’occuper la rue. La réponse du gouvernement est toujours la même : il n’y a pas d’argent.

A décrypter : c’est la faute à L’Union européenne. Depuis 1993, l’Union européenne a suspendu toute coopération avec le Togo à cause des élections tronquées de 1993 qui ont fait de nombreux morts. Bruxelles réclame, avant toute reprise de dialogue avec Lomé, le retour à la démocratie et le respect des droits de l’Homme. La récente arrestation d’un journaliste togolais n’est pourtant pas de nature à redorer l’image du pays de Gnassingbé Eyadéma.

Leçons démocratiques

 » L’apprentissage de la démocratie est une démarche complexe et de longue haleine, qui doit tenir compte des réalités socio-économiques et culturelles des peuples. Il doit également se faire dans un environnement de paix et de sécurité, que seule peut garantir une assimilation progressive des valeurs démocratiques bien comprises, et puisées à la sagesse de la civilisation des populations concernées « , a déclaré à l’AFP, en réponse aux exigences de Bruxelles, le ministre togolais des Affaires étrangères, Koffi Panou. Il faut croire que l’UE n’est pas convaincue par ce cours d’histoire politique.

La production du coton et du phosphate, principales ressources en devises, est insuffisante pour oxygéner une économie à vocation agricole. Les projets de diversification des secteurs économiques sont en panne depuis 1993. Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale suspendent leur décision à celle de Bruxelles. Le Togo devra faire beaucoup d’efforts sur le plan politique pour sortir de l’impasse. Il en aura l’occasion lors des élections législatives en octobre prochain. Il reste à savoir s’il saura saisir cette chance.