
Spécialité traditionnelle du peuple bété de l’ouest de la Côte d’Ivoire. Le locossoukeu (ou loko-soukouè) est une purée de banane plantain mûre pilée au mortier, servie avec une sauce gluante à base de siakô (noix de mangue sauvage, Irvingia gabonensis), de champignons de palmier et de poisson fumé.
Plat convivial historiquement préparé lors des pauses des cultivateurs, il se déguste traditionnellement à la main, de préférence le matin.
Ingrédients
• 6 pieces bananes plantain bien mûres (grosses)
• 100 grammes de siakô (noix de mangue sauvage / Irvingia gabonensis)
• 1.1 ounces champignons noirs de palmier séchés
• 30 grammes champignons blancs (champignons gouro)
• 150 grammes de poisson mangni sec (hareng fumé)
• 3 pieces échalotes
• 1 cuillère à café thym africain
• 1 cuillère à café piment sec en poudre
• 1 pieces cube d’assaisonnement
• 3 pincées de sel
• 50 cl (pour infusion des champignons)
• 1 litre d’eau (pour cuisson des bananes)
Préparation
1. Infuser les champignons noirs: Placer les champignons noirs de palmier séchés dans un bol avec 50cl d’eau (pour infusion des champignons). Laisser infuser pour obtenir un jus noir bien concentré. Réserver le jus et les champignons séparément.
2. Nettoyer les champignons blancs et le poisson: Nettoyer soigneusement les champignons blancs (champignons gouro). Émietter grossièrement le poisson mangni sec (hareng fumé) en retirant les arêtes. Écraser 3 pieces échalotes. Réserver le tout.
3. Préparer la base de la sauce: Mettre une casserole sur le feu. Verser le jus noir des champignons et les champignons noirs eux-mêmes. Porter à ébullition, puis ajouter le poisson mangni émietté. Incorporer les champignons blancs (champignons gouro) nettoyés, 1 cuillère à café d’adjovan (thym africain), les échalotes écrasées et 3 pincées de sel. Laisser cuire à feu moyen.
4. Cuire les bananes plantain: En parallèle (deux feux sont nécessaires), éplucher 6 pieces bananes plantain bien mûres (grosses) et les placer dans une casserole avec 1 litre d’eau (pour cuisson des bananes). Faire cuire jusqu’à ce qu’elles soient bien tendres.
5. Préparer le siakô: Pendant la cuisson, débarrasser les siakô (noix de mangue sauvage / Irvingia gabonensis) de leur coquille dorsale. Les faire revenir à sec dans une poêle ou les mettre à chauffer sur le couvercle de la casserole de sauce. Les écraser ensuite dans un mortier pour obtenir une poudre à granules.
6. Incorporer le siakô à la sauce: Verser la poudre de siakô dans la sauce noire en ébullition. Bien mélanger pour que la sauce prenne sa texture gluante caractéristique. Laisser mijoter à feu doux.
7. Assaisonner la sauce: En fin de cuisson, ajouter 1 cuillère à café de piment sec en poudre et 1 cube d’assaisonnement. Goûter et rectifier l’assaisonnement. Laisser mijoter encore quelques minutes.
8. Piler le locossoukeu: Quand les bananes sont bien cuites, les transférer dans un mortier et les piler vigoureusement. Si la purée est trop ferme, ajouter un peu d’eau de cuisson des bananes pour obtenir une consistance souple mais pas liquide. La purée ne doit être ni trop dure, ni trop molle.
9. Dresser et servir: Former des boules de purée de banane et les disposer dans un plat. Servir la sauce siakô bien chaude à côté. Ce plat se déguste traditionnellement à la main, de préférence le matin.
Origine culturelle : Le locossoukeu au siakô est un plat emblématique du peuple bété de l’ouest de la Côte d’Ivoire (régions de Gagnoa, Daloa, Guibéroua). Traditionnellement, il était préparé lors des pauses des cultivateurs dans les champs : les bananes les plus mûres étaient bouillies et pilées, et les enfants ramassaient les noix de mangue sauvage pour la sauce.
Le siakô : Aussi appelé kplé, kaklou (chez les Akan) ou ogbono, le siakô provient de l’arbre Irvingia gabonensis (manguier sauvage). Ces amandes sont riches en acide laurique (environ 45%) et en acide myristique (environ 46%), ce qui leur confère des propriétés nutritionnelles intéressantes, notamment un impact favorable sur le cholestérol HDL. On les trouve dans les épiceries africaines en France.
Accompagnements alternatifs : La sauce siakô peut aussi être servie avec du riz local ou du foutou de manioc.
Astuce : Si vous ne trouvez pas de champignons noirs de palmier, vous pouvez les remplacer par d’autres champignons séchés, mais la couleur et le goût seront différents.




