Libye : la France menace de sanctions les adversaires de la « transition politique »

La France a menacé de sanctions les adversaires de la « transition politique » et demandé l’intervention de la CPI.

La France s’est clairement opposée, ce mardi, à la décision de la Cour suprême libyenne d’invalider le Parlement de Tobrouk. Elle a menacé de sanctions les adversaires de la « transition politique » et demandé l’intervention de la Cour pénale internationale (CPI), à travers le Premier conseiller de la Mission permanente de la France auprès des Nations Unies, Philippe Bertoux, au cours d’une réunion du Conseil de Sécurité.

« Nous sommes préoccupés par les conséquences de la décision prise le 6 novembre par la Cour suprême, qui invalide le résultat des élections du 25 juin 2014 », déclare le représentant français qui appelle à un « dialogue inclusif » et à un « gouvernement d’union nationale ». « Nous nous tenons prêts à utiliser les sanctions individuelles prévues par la résolution 2174 afin de viser ceux qui font obstacle à la transition politique », a-t-il poursuivi, selon sa déclaration officielle.

« Un exemple de la capacité d’action » de l’ONU ?

Le Parlement issu des élections du 25 juin, en exil à Tobrouk à l’est du pays sous la protection du général Haftar, est reconnu par la communauté internationale. Plusieurs personnalités libyennes dont certains membres du Congrès général nationale (CGN), l’ancienne assemblée législative du pays, critiquent cette institution et demandaient récemment à la communauté internationale de changer son fusil d’épaule.

Philippe Bertoux a appelé à l’intervention de la Cour pénale internationale (CPI) afin de suppléer la justice libyenne et « clore l’ère de l’impunité dans ce pays ». Les autorités libyennes avaient refusé son intervention.

« Nous exprimons enfin notre profonde préoccupation au sujet de la pratique de la torture et des cas de décès en détention dans les centres contrôlés par les brigades armées en Libye. Les détenus illégaux seraient toujours de l’ordre de 7 000, dont des enfants », poursuit le représentant français, avant de conclure : « la résolution 1970 reste un exemple de la capacité d’unité et d’action rapide du Conseil de sécurité ». Pas sûr que tous les Libyens soient du même avis.