Libye : l’Onu opte pour la force contre Kadhafi

Le Conseil de sécurité des Nations a donné son aval ce jeudi soir pour l’usage de la force en Libye. Les Etats membres pourront lancer des frappes aériennes contre les forces pro-Kadhafi pour protéger Benghazi, le fief des insurgés.

Les Nations unies ont autorisé l’usage de la force ce jeudi soir en Libye. Le Conseil de sécurité autorise les Etats membres « à prendre les toutes les mesures nécessaires » pour « protéger les civils et les zones peuplées de civils sous la menace d’attaques en Jamahiriya arabe libyenne, y compris Benghazi, tout en excluant une occupation par la force ». La résolution permet l’instauration « d’une zone d’exclusion aérienne de la Jamahiriya arabe libyenne afin de protéger les populations civiles ».

La décision a été accueillie à Benghazi, fief de l’opposition libyenne par des tirs de joie. La résolution, portée par la France, le Royaume uni et le Liban représentant la Ligue arabe, a été votée par 10 des 15 membres du Conseil de sécurité. La Chine, l’Allemagne, la Russie, le Brésil et l’Inde se sont abstenus. « Cette résolution traduit une attitude agressive de la communauté internationale, qui menace l’unité de la Libye et sa stabilité », a confié à l’AFP le vice-ministre libyen des Affaires étrangères Khaled Kaïm. Il estime que cette décision est un « appel aux Libyens à s’entretuer ».

France contre Libye

« Préparez-vous, nous arrivons dès ce soir », avait lancé quelques heures plus tôt Mouammar Kadhafi aux habitants de Benghazi, lors d’un message retransmis par la télévision libyenne. Le dirigeant libyen a prévu d’attaquer jeudi soir le bastion de l’opposition et où se réfugie le Conseil national de transition (CNT), organe représentatif des insurgés libyens, reconnu par la France.

L’armée libyenne a aussi menacé de représailles « tout acte militaire étranger » sur le territoire libyen. « L’ensemble du trafic aérien et maritime de la Méditerranée à des dangers , et des (installations) civiles et militaires deviendront des cibles de la contre-attaque libyenne », d’après l’un des communiqués lus à la télévision nationale.

La France, qui a présenté la résolution par la voix de son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, serait prête à lancer des raids aériens ciblés dans la nuit de jeudi à vendredi.