Libye : face au chaos, le Premier ministre annonce un vaste remaniement

Le Premier ministre libyen Ali Zeidan a décidé de procéder à un vaste remaniement ministériel d’ici la semaine prochaine. L’objectif : éviter un vote de défiance au Congrès général national alors que le pays s’enfonce dans le chaos.

Le Premier ministre libyen Ali Zeidan a annoncé qu’il procéderait la semaine prochaine à un vaste remaniement ministériel. La raison de cette mesure? Eviter un vote de défiance au Congrès général national, l’équivalent du Parlement en Libye, alors que le pays s’enfonce dans le chaos de jour en jour. « Le nouveau gouvernement ne sera pas désigné sur la base des appartenances partisanes et politiques mais composé de technocrates et d’experts indépendants », a déclaré Ali Zeidan au cours d’une réunion ministérielle.

Depuis la chute du colonel Mouammar Kadhafi, la Libye peine toujours à trouver ses marques. L’insécurité est quotidienne dans le pays, où les attentats ne sont pas rares. Le gouvernement de Tripoli ne parvient pas à mettre au pas les nombreuses milices issues du soulèvement contre Mouammar Kadhafi, ni à reprendre le contrôle de plusieurs ports pétroliers dans l’est du pays, en Cyrénaïque.

Chaos en Cyrénaïque

Ces ports sont contrôlés depuis six mois par un mouvement se présentant comme autonomiste, dirigé par Ibrahim Djathran, figure de l’insurrection contre Mouammar Kadhafi. Un gouvernement autonome a même été formé dans la région. Abd Rabbo al Barassi est le Premier ministre du gouvernement autoproclamé d’Ibrahim Djathran. Il a assuré que son mouvement ne recherchait pas l’indépendance mais un meilleur partage des revenus pétroliers, conviant le gouvernement de Tripoli à coopérer pour parvenir à un accord sur ce point

Désormais la priorité du nouveau gouvernement est de trouver une solution à la crise en Cyrénaïque. Pas plus tard que mardi, un navire de la marine libyenne a tiré des coups de semonce pour empêcher un pétrolier battant pavillon maltais de charger du pétrole brut dans l’un des ports. Mais ceux qui le contrôlent ont lancé ce mercredi un nouveau défi aux autorités de Tripoli, invitant les compagnies pétrolières internationales à leur acheter directement du brut, promettant d’assurer la sécurité des supertankers qui viendraient s’approvisionner dans les ports.