Liberté d’expression en Tunisie : la série noire continue

Le caricaturiste Z a tenu à démentir la rumeur selon laquelle il serait en fait Fatma Riahi

La répression des opposants au régime tunisien, accrue depuis la réélection de Zine el-Abidine Ben Ali à la présidence, continue de faire des victimes. Au bilan de la dernière semaine, la blogueuse Fatma Arabicca a été arrêtée puis libérée sous la pression d’une mobilisation ; le journaliste Slim Boukhdir est harcelé par le pouvoir et son collègue Taoufik Ben Brik a fêté ses 49 ans en prison.

La Tunisie est touchée par une série de règlements de comptes de la part du pouvoir, au sortir de l’élection présidentielle. Les journalistes, blogueurs et militants politiques ou associatifs dont le discours égratigne le régime du Président Zine el-Abidine Ben Ali sont désormais sous la menace d’être ajoutés à la longue liste des victimes de la répression.

Les journaux Al-Mawkif, Ettariq Al-Jadid et Mouatinoun ont par ailleurs décidé de ne pas paraître la semaine passée, pour protester contre une procédure de contrôle accrue de la parution de la presse tunisienne. La totalité des tirages revient en effet désormais à la Société tunisienne de distribution (Sotupress).

Fatma Arabicca libérée, mais pas tirée d’affaire

Le caricaturiste Z a tenu à démentir la rumeur selon laquelle il serait en fait Fatma RiahiLa blogueuse tunisienne Fatma Arabicca a été libérée le 7 novembre, se réjouit Reporters sans frontières (RSF). Son ordinateur ainsi que son cahier de mots de passe sont toutefois toujours en possession des autorités, qui en ont profité pour effacer le contenu de son site Internet. L’enquête de police qui la concerne vise à découvrir l’identité d’autres blogueurs indépendants, protégés par l’anonymat. De son vrai nom Fatma Riahi, Fatma Arabicca avait été arrêtée le 3 novembre, suscitant une mobilisation de soutien sur Internet.

Slim Boukhdir harcelé

45807258.jpgLe journaliste Slim Boukhdir, tabassé par des hommes en civil le 28 octobre, a quant à lui vu son domicile encerclé par les forces de police en début de semaine passée. « Hier, ils étaient une trentaine de policiers en civil », a-t-il déclaré à RSF lundi. Entre samedi et lundi matin ses proches ont été empêchés d’approcher de chez lui. Convalescent et avec une fille de 3 ans et demi malade, il a alors dû se passer pendant plus de 36 heures de médicaments, de nourriture et d’eau. Il est par ailleurs harcelé par des appels téléphoniques et le propriétaire de son appartement lui a ordonné de quitter les lieux.

Triste anniversaire pour Taoufik Ben Brik

De son côté, le journaliste Taoufik Ben Brik a fêté lundi ses 49 ans en prison. Il passera en procès le 19 novembre. Son avocat réclame, selon RSF, « un procès politique, pas le procès d’un vulgaire criminel ». Correspondant pour des médias internationaux, il a vraisemblablement été arrêté le 29 octobre suite à une mise en scène simulant une agression. Ben Brik est atteint d’une maladie chronique qui le prive de toute immunité.

Dessins issus du blog de Z, Débat Tunisie