Libéralisation du bois gabonais

La Société nationale des bois du Gabon n’a plus le monopole de l’exportation du bois dans le pays. Pour accélérer le rythme d’industrialisation de la filière, l’Etat a accordé une dérogation de trois ans aux forestiers privés.

La Société nationale des bois du Gabon (SNBG) perd son monopole à l’exportation pour trois ans. Le porte-parole du gouvernement, le ministre de l’Education nationale, a annoncé lundi l’octroi d’une dérogation pour les forestiers privés disposant d’unité de transformation sur place au Gabon. Le but est d’accélérer l’industrialisation de la filière pour qu’elle puisse faire face à la concurrence internationale.

 » (…) pour démultiplier la force de vente de nos grumes (bois coupé non encore équarri, ndlr) en souffrance et dans un souci de favoriser l’accélération de l’industrialisation de la filière du bois au Gabon « , l’Etat voit en l’ouverture temporaire du monopole national,  » la seule solution durable aux crises conjoncturelles du marché (…) « . Une ouverture partielle toutefois puisque la SNBG conserve tout de même 50% du commerce du bois avec l’étranger.

Concurrence de la Guinée Equatoriale

Le bois est l’une des richesses naturelles les plus importantes du Gabon. Avec ses vingt-deux millions d’hectares, la forêt recouvre 80% du territoire. Plus de huit cents espèces sont répertoriées même si soixante-quinze seulement sont exportées, en tête desquelles l’okoumé et l’ozigo.

Pour ne pas avoir voulu aligner sa politique de prix sur son concurrent direct, la Guinée Equatoriale, le bois gabonais se retrouve dans la tourmente. La SNBG qui centralise pour l’exportation, toutes les productions privées du pays ne peut plus écouler ses stocks. Goulot d’étranglement. Les invendus s’amassent, se défraîchissent donc se déprécient. Permettre aux exploitations d’assurer elles-mêmes la commercialisation de leur bois (donc de dégager leurs propres marges) devraient générer une nouvelle dynamique prompte à susciter de nouveaux investissements et asseoir l’industrialisation de la filière.

Matière brute contre valeur ajoutée

Si le bois gabonais s’avère de bonne qualité, reste qu’il est majoritairement exporté sous forme de grumes, sa forme la plus sommaire. L’initiative du gouvernement vise à développer les infrastructures d’équarrissage sur le territoire pour apporter une véritable valeur ajoutée à la production nationale. Et la vendre directement aux pays du Nord. Car les grumes gabonaises sont aujourd’hui principalement exportées vers l’Asie, qui revend ce même bois, après l’avoir taillé et dépouillé de son écorce.

Le geste de Libreville a été salué par les professionnels du secteur gabonais. Il n’est cependant pas gratuit. La dérogation s’accompagne d’une redevance fixée à  » 5 600 FCFA (56 FF) par mètre-cube, dont 2 600 FCFA pour le remboursement de la dette contractée par la SNBG auprès des banques « , stipule la déclaration du gouvernement. D’une pierre deux coups pour l’Etat qui assainit les finances de l’opérateur public tout en favorisant l’initiative privée. Pour que la filière puisse montrer demain de quel bois elle se chauffe.