« L’hyper-pilosité est génétique, pas hormonale »

Les causes de l’hyper-pilosité des femmes africaines sont encore méconnues. Alain-Patrice Meledie Ndjong, dermatologue-vénérologue à l’Hôpital général de Douala (Cameroun), explique les origines du phénomène.

Afrik : A quoi est due l’hyper-pilosité de certaines Africaines ?

Alain-Patrice Meledie Ndjong : Contrairement aux idées reçues, la plupart des cas d’hyper-pilosité ne relèvent pas du dérèglement hormonal. Les causes seraient plutôt génétiques. Nous avons constaté que les femmes appartenant au groupe tribal des Bantous, concentré en Afrique centrale, avaient une forte pilosité. Or, l’une des ethnies qui le composent, les Betis, est très implantée dans le sud et le centre du Cameroun. Cela qui explique que la présence de femmes velues sur le territoire.

Afrik : Les produits éclaircissants sont-ils vraiment un facteur qui entraîne une augmentation de la pilosité ?

Alain-Patrice Meledie Ndjong : Les produits éclaircissants, surtout ceux à base de corticoïdes et d’hydroquinone, provoquent une augmentation de la pilosité. Surtout chez les femmes qui étaient peu velues. C’est un effet secondaire de ces mélanges dépigmentants. Toutefois, la qualité du poil est différente de celle des femmes naturellement poilues. On remarque que celles qui s’éclaircissent développent un duvet lisse et discret et non pas des poils drus.

Afrik : Que proposez-vous aux femmes qui souffrent de leur hyper-pilosité ?

Alain-Patrice Meledie Ndjong : Très peu de femmes viennent nous consulter à cause de leur hyper-pilosité. Pour celles qui en souffrent, nous n’avons aucun traitement miracle à proposer. Couper les poils les rendraient plus drus et plus nombreux lors de la repousse. Le plus intéressant serait l’usage techniques d’épilations définitives, telles que le laser. Mais nous ne sommes pas équipés de tels appareils et les rayons du laser ne sont pas adaptés aux peaux noires : ils les brûlent.

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