Les vraix-faux enfants clandestins burkinabè

La Côte d’Ivoire se trompe de victimes : les enfants burkinabè qu’elle a voulu expulser ce week-end appartenaient à une colonie de vacances et pas à un trafic de main-d’oeuvre.

Les enfants du Burkina Faso qui ont pour habitude de rendre visite à leurs familles qui habitent sur le sol ivoirien vont peut-être changer leurs plans de vacances. A deux reprises déjà, des enfants burkinabè ont été sérieusement inquiétés par les forces de police ivoiriennes. Ce week-end, un groupe de jeunes a été intercepté à une ville frontière avec le Burkina et expédié à Abidjan en tant que victimes présumées d’un trafic de main-d’oeuvre.

 » Nous ne comprenons pas pourquoi les autorités ivoiriennes ont fait parcourir 700 kms aux enfants si ces derniers n’étaient pas en règle. Le plus simple aurait été de les renvoyer sur-le-champ au Burkina « , s’étonne une source diplomatique burkinabè à Abidjan. Seulement, les enfants en question n’ont rien de clandestins : ils possèdent tous une carte scolaire et leurs accompagnateurs ont les laissez-passer nécessaires. Ils font partie d’une colonie de vacances.

 » C’est vraiment un gros malentendu « , confie la même source diplomatique burkinabè, qui note tout de même un dénouement heureux.  » Les parents ivoiriens sont venus chercher les enfants en question à l’ambassade du Burkina à Abidjan « .

Ivoiriens expulsés de Côte d’Ivoire

Il y a deux semaines, cent quatre jeunes venant du Burkina n’ont pas eu cette chance. Ils ont été expulsés de Côte d’Ivoire pour le même motif, celui d’être victimes d’un trafic d’enfants.  » Sur les cent-quatre personnes, une vingtaine seulement étaient mineures. Certains majeurs avaient même des certificats de travail. Dans la précipitation, les autorités ont même renvoyé au Burkina des jeunes de nationalité ivoirienne.  »

Cet excès de zèle a été dénoncé par l’ambassade du Burkina à Abidjan.  » Il y a entre deux et trois millions de Burkinabè en Côte d’Ivoire et donc beaucoup d’échanges entre les deux pays. Suite à ces affaires, il faut calmer les esprits, trouver des accords au niveau sous-régional et se mettre d’accord une bonne fois pour toutes sur les pièces que doivent arborer les enfants pour pouvoir circuler librement entre le Burkina et la Côte d’Ivoire. «