Les voies de développement alimentaire en débat

Exit le sempiternel bras de fer entre adeptes de l’agriculture de subsistance et ténors de la culture d’exportation ? Pas si sûr. Et pourtant : d’autres voies de développement alimentaire émergent, plaçant le bénéficiaire des aides au départ du projet de développement. Elles transcendent ces thèses contradictoires qui ont en commun le défaut de vouloir imposer  » par le haut « , les politiques de développement.

Dépassée, l’opposition entre culture vivrière et culture d’exploitation ? Oui et non. Ce débat récurrent dans les années 70/80 mettait en relief les modes d’exploitation post-coloniales des pays africains. A une agriculture monolithique tournée vers l’exportation, devait se substituer une agriculture vivrière, puisée dans les ressources traditionnelles, et permettant aux paysans de ne pas lier leurs sorts aux prix fixés par les marchés occidentaux.

Totalement dépassée ? Non, si l’on considère, par exemple, les effets désastreux de la chute des cours du cacao sur l’économie ivoirienne. Non quand on songe que les famines qui endeuillent l’Est de l’Afrique, touchant des populations dont l’activité agricole est essentiellement tournée vers l’auto subsistance. Si elles échappent à l’arbitraire du grand capital, elles sont particulièrement vulnérables à celui des aléas climatiques.

Micro-projets

Dépassée ? Oui, si l’on estime qu’une Afrique privée de devises ne se développera pas. Oui, si on fait valoir, à l’instar des représentants du G77, que le continent noir a plus besoin de maîtriser les coûts et d’associer les bénéficiaires des plans de développement, c’est à dire, les Africains eux-mêmes, que de querelles doctrinaires.

L’heure est aux projets à  » approche participative  » : le projet vient de la base. Il associe l’acteur/bénéficiaire de l’aide dans la mise en en évidence des besoins et aux objectifs fixés. Premier avantage de la formule, ces initiatives, souvent réunies sous le vocable de micro-projet, ne coûtent pas cher et sont souvent bien adaptées aux réalités locales. Second atout, par rapport aux grands projets insufflés par l’ancienne métropole : par nature, l’aide parvient directement à son bénéficiaire. Elle ne s’  » évapore  » pas à chaque maillon de la chaîne de décision. Troisième atout, elle s’adapte assez bien aux structures communautaires, basées sur les solidarités familiales, essentielles en Afrique. Quatrième atout, enfin, l’aide s’intègre bien dans l’environnement écologique, respectant la biodiversité et le milieu naturel où vivent ses bénéficiaires.

Mais le procédé a pour principal défaut d’intéresser médiocrement, les structures de coopération, principaux bailleurs de fonds de l’aide au développement, au premier rang desquels l’Agence française pour le développement (AFD).