Les télécoms zimbabwéens s’ouvrent à la concurrence

L’autorité de régulation des postes et télécommunication du Zimbabwe a mis fin au monopole de l’Etat en accordant à Teleaccess une seconde licence fixe nationale. L’entreprise privée, qui avait remporté l’appel d’offres il y a un an, peut enfin démarrer ses activités.

Fin du monopole de l’Etat dans les télécoms. L’Autorité de régulation des postes et télécommunication du Zimbabwe (Potraz) a accordé à TeleAccess la première licence fixe privée dans le pays. L’entreprise zimbabwéenne, qui avait décroché le marché il y a un an, attendait le feu vert de l’Etat. Malgré l’état de déréliction de l’économie nationale, TeleAccess reste confiante dans les potentialités du secteur.

L’arrivée d’un concurrent face à un opérateur national, TelOne, incapable de faire face à la demande, est un véritable bol d’air pour les télécoms du Zimbabwe. Seuls 2 à 2,5% de la population disposent aujourd’hui d’une ligne fixe. Et ils sont plus d’un million à patienter sur liste d’attente pour obtenir un raccordement au réseau.

Confiant dans l’avenir

L’économie zimbabwéenne est l’une des plus sinistrées d’Afrique. Elle devrait enregistrer cette année un taux de croissance négatif de 10%. Pour le PDG de TeleAccess, Daniel Shumba, les difficultés ne sont que conjoncturelles. Le milliardaire zimbabwéen, ancien officier de l’armée, se dit prêt à essuyer l’orage.  » En dépit de la fatigue dont nous souffrons actuellement, nous croyons que l’économie va se rétablir et que le marché nous rapportera des résultats positifs « , commente-t-il aux journalistes de la BBC.

Mais les espoirs et l’enthousiasme de Daniel Shumba résident surtout dans l’aventure Comtel, le projet de réseau régional de la Comesa (Marché commun des pays d’Afrique de l’Est et d’Afrique centrale), dont il a bien failli être évincé. Choisi comme partenaire stratégique, TeleAccess avait d’abord l’obligation d’opérer sur son territoire. Une condition sine qua non, posée par la Comesa, qui menaçait de refaire un appel d’offres pour lui trouver un remplaçant.

Le réseau Comtel doit s’étendre dans les 20 états des deux sous-régions et doit voir le jour mi 2003. Les différents opérateurs nationaux se partagent 25% des parts, tandis que TeleAccess, en tant que partenaire privilégié, s’abroge 30% de la société, les 45 % restant étant réservés aux investisseurs privés. A la lueur des enjeux du projet, la licence fixe zimbabwéenne acquise par TeleAccess apparaît comme un simple passage obligé pour nourrir des ambitions qui n’ont rien de nationales.