Les télécoms maliens s’ouvrent à la concurrence

Le Mali ouvre le secteur des télécoms à la concurrence. L’Etat a accordé, lundi, à Ikatel SA, filiale de l’opérateur sénégalais Sonatel, une licence d’établissement et d’exploitation de 15 ans renouvelable pour un montant de 30 milliards de F CFA. Une libéralisation très attendue des Maliens qui espèrent une diminution des tarifs téléphoniques.

La Sotelma (Société de téléphone du Mali) et sa filiale GSM Malitel ont désormais un concurrent. Les autorités ont accordé lundi pour 30 milliards de F CFA (47,7 millions d’euros), une licence d’établissement et d’exploitation de réseaux et de services de télécommunication de 15 ans renouvelables à la société Ikatel, filiale de l’opérateur sénégalais Sonatel. Le processus de libéralisation des télécommunications maliennes est en marche. Une ouverture que les Maliens attendaient avec impatience pour espérer voir enfin diminuer le coût des appels.

La Sonatel, filiale du groupe français France Telecom et leader sur le marché sénégalais, a investi avec ses fonds propres, et l’aval de son actionnaire majoritaire (42,33% des parts), pour répondre à l’appel d’offre lancé par le Mali. Un appel d’offre qu’elle a remporté la semaine dernière. Ikatel est née. Au capital de 26 milliards de F CFA (39,6 millions d’euros), la société devrait être opérationnelle en décembre. Entre téléphonie fixe, GSM et Internet, la nouvelle société entre en concurrence sur l’ensemble des services télécoms proposés par les opérateurs nationaux.

Volonté du chef de l’Etat

 » Le téléphone coûte cher au Mali et en plus les liaisons ne sont pas très bonnes. Nous attendons tous avec impatience l’arrivée de France Telecom et nous regrettons que ce ne soit que pour décembre « , témoigne Mohamed, client jusque là obligé de Malitel. Conséquence attendue de l’arrivée d’un nouvel entrant sur le secteur des télécoms malien : la diminution du prix des communications. Une préoccupation que le nouveau chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré, érige, au même titre que la baisse du prix de l’eau et de l’électricité, en véritable nécessité nationale dans le cadre de sa politique de lutte contre la pauvreté.

Avec les 110 milliards de FCFA (160 millions d’euros) d’investissements prévus sur les 10 prochaines années dans le pays, Ikatel devrait susciter la création d’une centaine d’emplois la première année. La société entend non seulement développer la téléphonie fixe et mobile mais également l’Internet. Des projets de télécentres et de cybercafés sont déjà dans les cartons.