Les stations-service, ces nouveaux parkings

L’expansion du parc automobile au Togo pose de nombreux problèmes. Outre les embouteillages, les habitants de Lomé, ne savent plus où garer leurs véhicules. Les stations-service s’érigent désormais en parkings pour le plus grand bonheur de leurs propriétaires.

De notre partenaire Le Togolais

Au Togo, même avec la crise économique, le parc automobile ne cesse de s’agrandir. La voiture devient de plus en plus indispensable pour les habitants de Lomé dans le cadre de leurs multiples activités. Résultat : des embouteillages gigantesques aux heures de pointe. Mais surtout une épineuse question pour les propriétaires d’automobiles : où garer leurs engins en fin de journée ? Les garages des maisons d’habitation étant saturés, les automobilistes jettent désormais leur dévolu sur les stations d’essence.

« Il y a encore quelques années, chacun garait son véhicule dans sa propre maison. Les gens possèdent maintenant plusieurs voitures mais ne sont pas propriétaires des maisons où ils habitent. Il faut donc garer sa voiture quelque part si on ne souhaite pas la laisser en pleine rue », explique Ferdinand, propriétaire et gérant d’un parking de fortune. Ainsi, tous les soirs, on peut voir des voitures particulières et des « taxis de ville » garés dans les stations-service.

Rentabilité et sécurité ne riment pas toujours

Ces véhicules seront enlevés très tôt le lendemain par leurs conducteurs contre la modique contribution de 200 F CFA pour une voiture particulière et de 100 F CFA pour un « taxi de ville ». La différence de tarification serait due au fait que les premières attirent plus l’attention des cambrioleurs. Notons qu’il est difficile de savoir, entre les gardiens et les gérants, à qui reviennent les sommes perçues.

Face à l’ampleur du phénomène fort lucratif pour les responsables des stations service, ces derniers aménagent des espaces spécifiques – les stations d’essence étant souvent construites sur plusieurs hectares – pour satisfaire les besoins de leur nouvelle clientèle. Ils refusent pourtant d’avouer leur nouveau statut de parking. Le soir venu, ces nouveaux gérants doivent faire face à des encombrements monstres à l’entrée de leurs stations service et à des échanges véhéments entre leurs clients. Les nouveaux clients se plaignent de ne pas avoir assez d’espace pour réaliser leurs manœuvres alors que les pompistes privilégient leur clientèle originelle.

Peu de vols

En plus des stations-service, deux parkings occasionnels à Bè et à Adidogomé ont spontanément vu le jour sur des espaces inoccupés qui devaient accueillir à l’origine des ateliers de menuiserie, de mécanique ou encore servir de forge. Ces espaces sont sommairement clôturés par des claies, ce qui n’empêche pas certains propriétaires de prendre le risque de s’y garer.

Les parkings de stations-service posent également des problèmes de sécurité. Ils sont souvent dans la ligne de mire des malfaiteurs et ne disposent ni de clôtures, ni de portails. Seuls des gardiens veillent la nuit sur les véhicules garés. Les vols d’accessoires sont cependant rares et souvent le fait de complicités internes. Outre les vols,. rien n’est prévu pour l’évacuation en cas d’incendie. Les usagers de ces parkings sauvages ou occasionnels devraient donc réfléchir aux risques encourus avant d’abandonner leurs voitures. Ne serait-ce que pour une nuit !