
Grâce à une synergie entre le gouvernement et les Nations Unies, la « capitale de la soif » transforme son climat aride en un levier de croissance. Le déploiement de l’autoconsommation solaire n’est plus une utopie écologique, mais une stratégie économique globale.
Pendant des décennies, Djibouti a vécu un paradoxe cruel : baignée de soleil presque 365 jours par an, la République de la Corne d’Afrique subissait pourtant des coûts d’électricité parmi les plus élevés du continent. Pour les foyers comme pour les PME, la facture énergétique était un frein majeur au développement, pesant lourdement sur les budgets et limitant l’investissement privé.
C’est ce paradigme que le programme conjoint « Promoting solar self-consumption », soutenu par le fonds des Nations Unies pour les ODD (Joint SDG Fund), est en train de briser. Sous la coordination de José Barahona, l’ONU ne se contente plus de fournir une aide ponctuelle, mais bâtit un véritable écosystème industriel et réglementaire.
Une révolution industrielle « Made in Djibouti »
Le changement est désormais visible dans les rues de la capitale et les zones rurales. On est passé d’une absence quasi totale d’installations photovoltaïques à l’émergence d’une filière nationale complète. Le premier Forum National de l’Énergie (FNES 2025) a d’ailleurs présenté les premiers panneaux solaires assemblés localement.
Pour les jeunes entrepreneurs du secteur, cette reconnaissance publique change la donne. Samatar Mohamed, PDG d’une entreprise de fabrication de panneaux en zone franche, témoigne de cette dynamique : « Ce forum est une excellente occasion pour nous de rencontrer de nouveaux clients, de réseauter et de nous sentir publiquement reconnus pour nos innovations et nos efforts. »
Au-delà de l’énergie : un enjeu social et financier
L’enjeu dépasse largement la simple transition énergétique. Il s’agit d’une bataille pour l’emploi et le pouvoir d’achat. En favorisant l’autoconsommation, l’État et l’ONU permettent aux familles de réinjecter leurs économies d’énergie dans l’économie locale.
Pour pérenniser ce mouvement, des mécanismes de « finance verte » sont mis en place avec le soutien de l’IRENA (Agence internationale pour les énergies renouvelables), incluant un simulateur de ville solaire pour Djibouti City. L’objectif est de rendre le crédit accessible pour que chaque toit devienne une micro-centrale électrique.

En transformant Djibouti en un centre d’excellence pour les énergies renouvelables, l’initiative de l’ONU prouve que la lutte contre le changement climatique peut être le moteur d’une souveraineté économique retrouvée. Le pays ne subit plus son climat ; il l’exploite pour éclairer son avenir.
Avec Africa Renouveau



