Les soucis du boxeur tanzanien Matumla

Un manager dépité, une fédération en colère qui commence à le presser de se battre : la vie d’un champion du monde (poids) moyen n’est pas toujours facile. Même quand on est le roi du KO.

 » Moi, Jamil Malinzi et ma société avons achevé notre contrat avec Rashid Matumla. La décision prend effet ce jour. Nous n’avons plus rien à voir avec cet homme. «  Il est des façons plus aimables, pour un manager de boxe, de prendre congé d’un champion qu’on a porté en quatre ans à tous les succès, et en particulier au titre mondial WBU des poids moyens. Mais s’il est comme ça, Jamil Malinzi, c’est peut-être bien parce que le grand Rashid Matumla est un peu comme ça, lui aussi : rêche.

Car Rashid Matumla, à en croire la presse spécialisée, n’a pas jugé digne de lui d’informer son manager qu’il l’avait remplacé. Dès le 9 mai, il a transféré la charge de ses affaires sportives à Alex Kajumulo, l’un de ses compatriotes installé aux Etats-Unis. Ce n’est qu’une semaine plus tard, alors que la nouvelle était connue de tout le milieu, qu’il a écrit un mot à Malinzi pour le  » remercier de son assistance « . La riposte est tombée le jour-même.

La gloire en quelques matches

Rashid Matumla, peut-être le meilleur boxeur tanzanien depuis des décennies, s’est fait connaître par une série de KO retentissants, obtenus en général avant la moitié du combat. Cela a commencé en 1993, quand il a stoppé net la carrière d’Ali Ramadhani à la seconde reprise d’un combat pour le titre national à Dar-es-Salam. En 1997, il ne lui faut que cinq rounds pour emporter le titre africain des superwelters face au Camerounais Patrice Mbehbenli. Sept mois plus tard, c’est encore par KO qu’il devient champion WBU des poids moyen contre le Hongrois Lorant Szabo.

Depuis, Matumla n’a défendu qu’une fois sa ceinture de champion, en juin 1999 face à l’Italien Paolo Pizzamiglio. Il l’a certes fait victorieusement, et en seulement deux rounds… mais la fédération WBU vient de le menacer de lui retirer son titre s’il continue de retarder la mise en jeu de sa couronne. Le roi du KO se mettrait-il à douter ?