Les socialistes, grands perdants des législatives marocaines

L’Union socialiste des forces populaires (USFP), qui était le principal parti politique de la coalition gouvernementale au Maroc, a essuyé un échec aux élections législatives de vendredi, notamment avec la défaite de deux de ses ministres. Selon les premiers résultats du scrutin communiqués samedi par le ministère de l’Intérieur, c’est l’Istiqlal qui est arrivé en tête du scrutin, devant les islamistes du PJD.

L’Istiqlal, le plus ancien parti marocain, a créé la surprise en arrivant largement en tête des élections législatives. Il obtient 52 sièges, devançant de cinq sièges les islamistes, a annoncé samedi à Rabat le ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa. Le parti nationaliste a obtenu16% des suffrages et gagné quatre sièges par rapport au scrutin de 2002.

Avec 47 députés, les islamistes du Parti de la Justice et du Développement (PJD), ont gagné 5 sièges par rapport à 2002. Cependant, ils avaient l’ambition de devenir la première formation du royaume. Déçus, ils accusent leurs adversaires de « corruption électorale ».

Les socialistes de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) sont les grands perdants de cette consultation. Premiers en 2002, ils n’arrivent cette fois que cinquièmes avec 36 sièges contre 50 il y a cinq ans. Deux de leurs ministres, celui de la Culture et celle chargée des Marocains résidant à l’étranger, n’ont pas réuni les voix nécessaires à leur élection au siège de députés. Ils sont distancés par deux partis du centre droit, le Mouvement populaire (berbériste) qui obtient 43 sièges et le Rassemblement national des indépendants (libéral) avec 38 sièges.

Cet échec retentissant a déjà commencé à créer d’importants remous au sein du parti socialiste dont certains responsables ont appelé à organiser un bilan urgent. Abdelkader Baïna, membre du bureau politique de l’USFP, a déclaré au soir des résultats: « Il faut savoir quelles erreurs nous avons commises. Notre bilan au gouvernement est positif mais malheureusement les gens (les électeurs) ne gardent en tête que ce qui n’a pas été réalisé ».

Cependant, l’Istiqlal a annoncé ce dimanche qu’il entendait maintenir son alliance avec les socialistes de l’USFP qui, par conséquent, ne devraient pas être contraints à une cure d’opposition. En1992, sous le règne de Hassan, avait été créée la « Koutla », une alliance de l’Istiqlal, de l’USFP et du Parti du progrès et du socialisme (PPS), qui auparavant étaient des partis d’opposition à l’époque. En 2002, la Koutla s’était alliée avec deux autres partis de centre-droit, le Mouvement populaire et le Rassemblement national des indépendants pour constituer une majorité gouvernementale. A l’issue de ces législatives, qui ne bouleversent pas le paysage politique marocain, l’Istiqlal devrait être le parti dominant de la majorité.

Un taux de participation de 37%

Le taux de participation n’a été que de 37% contre 52% en 2002. Il s’agit du taux le plus bas de l’histoire du royaume. La désaffection des électeurs n’a fait que s’accentuer au fil des scrutins, montrant à quel point ils ne se reconnaissent pas dans les partis en place et ne croient pas au poids des élus sur la destinée politique du pays.

« Le taux de participation nous interpelle tous », a déclaré le ministre de l’Intérieur qui a souligné que la mobilisation des électeurs devait être l’un des enjeux à venir du pays. Et plusieurs partis ont déclaré qu’il fallait revoir la manière dont ils avaient mené leur action politique.

Selon le ministre de l’Intérieur, le scrutin du 7 septembre a été « honnête et transparent ». 3.000 observateurs marocains ont participé à la surveillance des opérations de vote. Et pour la première fois, 52 observateurs étrangers ont supervisé le scrutin. Ils devraient publier un rapport dans quelques semaines.

M. Benmoussa a indiqué que « les partis de l’actuelle coalition gouvernementale ont enlevé ensemble 186 sièges » – soit plus que la majorité absolue de la Chambre des représentants. Le roi Mohammed VI devrait nommer un Premier ministre qui négociera avec les partis représentés au Parlement pour former une coalition.

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