Les représentants de Facebook étaient en visite de travail au Cameroun

Invité par le gouvernement, une délégation de l’entreprise américaine Facebook a séjourné au Cameroun au mois d’août 2018 pour une série de formations. Elle a notamment participé à un atelier sur le fact-checking (vérification des faits) sur Facebook.

Cet atelier s’était déroulé à l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic). La délégation composée notamment de Lukas Holzer, Facebook Content Policy et Aida Ndiaye, Facebook Public Policy Lead Francophone, avait également eu une séance de travail en mi-journée au ministère de la Communication. Y avaient pris part côté Cameroun, outre Issa Tchiroma Bakary, ministre de la Communication et ses collaborateurs, les responsables de la communication des ministères de la Défense, de la Justice, de l’Administration territoriale et de la délégation générale à la sûreté nationale.

Au cours de cette réunion, les représentants de Facebook avaient proposé d’accompagner le gouvernement camerounais dans l’identification et la suppression des «fake news» au cours de la prochaine période électorale. Une main tendue acceptée par le gouvernement dont l’objectif est d’éviter que Facebook soit une source de déstabilisation du pays avant, pendant et après l’élection.

Il serait d’ailleurs incompréhensible pour les Camerounais de voir les autorités laisser passer cette opportunité dans un contexte où la crise dans les régions anglophones du pays donne lieu à des manipulations grotesques visant à ternir l’image des institutions comme l’armée.

A la fin de la séance de travail au Mincom, les responsables de Facebook n’avaient pas souhaité s’exprimer. Mais, il est aisé de voir que cette proposition s’inscrit en droite ligne de la démarche globale engagée par la société américaine pour redorer son blason terni notamment par son palmarès peu glorieux de premier diffuseur de fausses informations.
Au Cameroun, la collaboration avec le gouvernement, capable de faire la distinction entre le bon grain et l’ivraie, est donc nécessaire.