Les réfugiés centrafricains à l’étranger ne pourront pas voter: l’ONU fustige le CNT

L’Organisation des Nations Unies (ONU) a indiqué, ce mardi, que la décision du Conseil national de transition (CNT) d’empêcher le vote des Centrafricains réfugiés à l’étranger mettait en danger la réconciliation.

Un porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), Leo Dobbs, a indiqué que la décision prise récemment par le Conseil national de transition (CNT) d’empêcher les réfugiés centrafricains à l’étranger de voter n’allait pas dans le sens du processus de réconciliation. Il a appelé la Centrafrique a revenir sur sa décision. L’annonce a été faite au cours d’une conférence de presse, ce mardi, à Genève.

« Ceux qui souhaitent voter doivent, maintenant, d’abord revenir en Centrafrique. Or les tensions et violences continues rendent tout retour dangereux pour la plupart des gens », a indiqué Leo Dobbs. Près de 460 000 Centrafricains seraient actuellement réfugiés à l’étranger, notamment au Cameroun, au Tchad, en République démocratique du Congo et au Congo (RDC), soit un dixième de la population. Parmi eux, 190 000 environ sont ont l’âge de voter, selon le HCR, dont 80 à 90% de musulmans.

Le processus de réconciliation en danger ?

Une part importante des électeurs potentiels en Centrafrique est exclue du processus électoral à cause de cette décision du CNT. Prise le 30 juin, l’organisation onusienne a déclaré qu’elle pourrait mettre en danger le processus de réconciliation qui vise à aboutir à une élection présidentielle démocratique et inclusive, le 18 octobre prochain.

Cette élection, prévue initialement en novembre 2014, a déjà été reportée à trois reprises. Le Forum de Bangui, organisé en mai dernier entre les différents protagonistes pour résoudre la crise, avait préconisé un report de l’élection qui était prévue alors en août dernier.

Cette réunion avait abouti officiellement à la mise en place d’un accord de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR) entre les groupes armés séléka et anti-balaka. Des discussions sur la mise en place d’un gouvernement d’unité nationale n’avaient en revanche pas abouti.