Les ravages de la contrefaçon en Algérie

La contrefaçon est un véritable fléau en Algérie. Si le phénomène, très lucratif, touche plus particulièrement les secteurs des cosmétiques et des pièces automobiles, le préjudice économique reste immense et les conséquences pratiques peuvent s’avérer dramatiques.

De notre partenaire Le Quotidien d’Oran

(…) Le directeur général de l’Institut national de la propriété industrielle (INAPI), M. Amor Bouhnik, a indiqué lundi à Alger que les produits cosmétiques et les pièces de rechange automobile étaient «en tête des produits contrefaits commercialisés sur le marché algérien». Selon les estimations le phénomène concurrence, par exemple, à hauteur de 50% le marché légal des pièces automobiles. Selon ce responsable cité par l’APS, la contrefaçon en Algérie est alimentée par deux canaux: la partie de la production locale qui échappe à tout contrôle et les importations opérées par le biais des circuits informels.

Il y aurait même, selon M. Bouhnik, des «filières spécialisées dans la fabrication de vignettes, voire de notices d’emploi de médicaments contrefaits, sans aucun scrupule pour la santé des citoyens», a-t-il affirmé. Pour les produits importés, «la contrefaçon fait des ravages» dans les secteurs de la pièce détachée automobile, des équipements informatiques, électroniques et aussi dans l’alimentation, a-t-il ajouté. «Il s’agit essentiellement d’imitation des marques les plus connues», a affirmé M. Bouhnik. Pour illustrer les dangers mortels que peut représenter la contrefaçon, il a cité l’exemple de la pièce automobile où cette plaie des temps modernes touche jusqu’au système de freinage.

Effet pervers de la mondialisation

Le premier responsable de l’INAPI a fait remarquer que la mondialisation, qui encourage les échanges sans frontières, «a largement favorisé le phénomène de la contrefaçon en Algérie», à telle enseigne qu’il est devenu «huit fois plus rentable de vendre des produits contrefaits que de s’adonner au commerce des stupéfiants», a-t-il noté sans nuances.

Concernant les origines des produits contrefaits qui envahissent le marché algérien, M. Bouhnik a souligné que des spécialistes de la question s’accordent à dire que la contrefaçon a, géographiquement, les mêmes origines et suit pratiquement le même cheminement de la contrebande, du trafic des stupéfiants, voire du blanchiment d’argent. «Pour combattre ce phénomène, qui a déjà causé la perte de 300.000 emplois dans le monde et découragé l’investissement direct étranger, selon M. Bouhnik, il ne faut surtout pas en faire un tabou et en parler». Selon lui, «l’Etat algérien est déterminé à mener une lutte sans merci pour venir à bout de ce fléau notamment à la veille de l’accession de l’Algérie à l’OMC» (…)

S. E. K.