Les radios privées interdites d’émissions politiques en Guinée

Les radios privées du pays sont désormais interdites de réaliser et de diffuser les émissions à caractère politique. Ainsi, en a décidé l’organe de régulation de la presse guinéenne, le Conseil national de la communication (CNC). Cette décision du président du CNC a été rendue publique mardi. Au nom de la liberté d’expression, l’Union des radios et télévisions libres de Guinée (URTLGUI) affirme qu’elle refusera d’observer cette décision.

Notre correspondant en Guinée

Le Conseil national de la communication (CNC) a interdit, hier, aux radios privées « d’évoquer jusqu’à nouvel ordre, des sujets politiques dans tout type d’émissions interactives et ce, dans toutes les langues. » Mais la réaction de l’union des radios et télévisions libres de Guinée (URTLGUI) ne s’est fait attendre.

En effet, quelques minutes seulement après la tombée de la décision de l’organe de régulation, l’URTELGUI a convoqué une réunion de crise. C’était hier. Au sortir de la rencontre de la vingtaine de patrons de radios privées, la décision du CNC a été condamnée avec la dernière énergie. « Cette décision qui méprise le décret de libéralisation et les arrêtés d’application dudit décret viole le droit à l’expression libre des citoyens guinéens. » C’est la quintessence de la déclaration de cette Union. L’URTELGUI, par la voix de son président Boubacar Yacine Diallo (ancien ministre de la Communication de l’ère Lansana Conté), se réserve le droit de saisir la Cour suprême pour faire annuler la décision du CNC.

Pourtant, lors de la rencontre du lundi 31 août, le chef de l’Etat, Moussa Dadis Camara, avait déclaré parlant des radios privées : « Je ne vais jamais fermer les radios privées. Celui qui va fermer une radio privée, il sera condamné. »De ce fait, cette décision du CNC surprend plus d’un Guinéen. « L’une des fiertés des radios privées réside dans les émissions interactives pendant lesquelles les citoyens se défoulent, ou se prononcent sur des questions les concernant. Ces émissions interactives se retrouvent presque dans toutes les radios privées de la place. Elles sont les plus appréciées », nous a confié un jeune enseignant.

Il faut préciser que ces émissions sont particulièrement critiques à l’encontre de la junte et son leader, Moussa Dadis Camara. Lequel n’a pour le moment pas réagi à la décision du Conseil national de la communication.