Guinée : Dadis Camara fait un pas de plus vers la Présidentielle 2010

Le chef de l’Etat, Moussa Dadis Camara, s’est entretenu ce lundi après-midi avec des représentants des différentes composantes de la société guinéenne, au palais du peuple à Conakry. Cette rencontre, boycottée par une grande partie des représentants des forces vives du pays, avait pour but de discuter de la mise en place du Conseil national de la transition ainsi que de la probable candidature à la présidentielle du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara. Les élus locaux n’ont pas fait opposition à sa candidature. Dans la salle, des partisans du chef de la junte arboraient des t-shirts à son effigie sur lesquels apparaissait le sigle d’un nouveau parti : le RPR (Rassemblement du peuple pour le renouveau).

Notre correspondant en Guinée

D’emblée, le chef de l’Etat a loué le sens patriotique de tous ceux qui ont répondu à son invitation, au palais du peuple à Conakry. Une attaque à peine voilée en direction des forces vives (syndicats, société civile, partis politiques…) qui ont mis à exécution leur menace de boycotter la rencontre. Car sur les 90 partis politiques agréés, seuls 24 étaient présents. Ces 24 formations politiques sont toutes, sinon presque, membres du bloc des forces patriotiques où figurait le parti de l’ancien premier ministre Lansana Kouyaté.

Visiblement remonté contre les forces vives qui ont pour la deuxième fois boycotté ses rencontres publiques, le capitaine parle de sabotage. « elles ont peur de la réaction du peuple, c’est pourquoi ils ont fui. Sinon, elles seraient venues pour défendre leur position comme je le fais maintenant », soutient le capitaine Dadis. « Depuis qu’on a parlé de la candidature de Dadis, ils ne sont plus tranquilles « , affirme t-il. Et le chef de la junte de prevenir: « S’il y a pression de quelque nature que ce soit, je serais candidat.»

Des leaders politiques absents du pays

Pour montrer à l’assistance qu’il est un démocrate, le capitaine Camara révèle qu’Alpha Condé, du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), a voyagé alors qu’il avait déjà convoqué la rencontre à laquelle il était convié. Il en est de même pour les leaders politiques Sidya Touré, de l’Union des forces républicaine (UFR), et Cellou Dalhein Diallo, de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), tous deux anciens premiers ministres. S’agissant de Cellou Dalhein Diallo, il a été bloqué à l’aéroport alors qu’il partait lui aussi à l’étranger. Mais « j’ai demandé qu’on le laisser partir », rapporte Moussa Dadis Camara. Ceci, au nom de la liberté de mouvement, ajoute le leader de la junte en présence d’une représentation timide des diplomates et représentants d’institutions internationales.

Parlant des manifestation de contestation de son pouvoir par la rue ces derniers temps, le capitaine Camara précise que c’est lui qui a instruit de laisser les gens s’exprimer car, explique-t-il, « on ne peut être aimé de tous ». « Même les prophètes Mahammad et Jésus, malgré leurs bienfaits, n’étaient pas aimés de tous », se console le président du Conseil national pour la démocratie et le developpement (CNDD.)

Le RPR, un parti à l’effigie de Dadis

S’en suivent alors les questions relatives à la mise en place du Conseil national de la transition et à la candidature de Dadis et la position des élus locaux. Pour le premier point, les élus locaux ont proposé de relever les membres du Conseil national de la transition à 260 au lieu de 240 initialement.
Et à propos du sujet tant attendu, les représentants des quatre régions naturelles du pays ont dit oui à la candidature de Dadis à la prochaine présidentielle, le 31 janvier 2010.  » Aucune candidature ne doit être exclue. Dadis peut et doit se présenter », a tranché un des porte-paroles.

Dans la salle, l’on a aperçu des t-shirt imprimés aux couleurs du RPR (Rassemblement du peuple pour le renouveau) où figurait l’effigie de Dadis présenté en tenue civile. Il reste tout de même à savoir si le soutien par les élus locaux à la candidature du chef de la junte reflète réellement la volonté de leurs mandants.