Les prostituées font crédit aux bourses vides

L’organisation des prostituées de la ville de Manzini au Swaziland a décidé de faire crédit aux plus fidèles habitués. Une mesure, prise pour des raisons économiques, qui ne fait pas l’unanimité dans la profession.

Une ardoise chez les prostituées. Les clients heureux ne payeront plus comptant. L’organisation des prostituées de Manzini (Omapro), à 45 km au sud-est de Mbabane (Swaziland), a décidé d’offrir des facilités de paiement à leurs plus fidèles habitués. Cette mesure, prise pour des raisons économiques, entrera en vigueur le 1er octobre prochain. Même si dans la profession tout le monde n’applaudit pas des deux mains.

 » La raison pour laquelle nous accordons un crédit aux clients appréciés est qu’ils se trouvent parfois à court d’argent « , indique un communiqué de la toute jeune Omapro. Les temps sont durs, il faut faire contre mauvaise fortune bon coeur. Une décision magnanime, mais dictée par la nécessité de ne pas perdre une source régulière de revenus. Crédit à 0%, il n’est pour l’instant fait aucune mention d’un quelconque intérêt.

Une décision qui ne fait pas l’unanimité

Toutes les filles de joie de Manzini n’ont pourtant pas le sourire aux lèvres. Et nombreuses sont celles qui ont accueilli la nouvelle avec une profonde réticence. Il faut vivre et « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras », la maison ne fait pas de crédit, martèlent certaines. Pour avoir leur dû, elles sont même prêtes à se livrer à un chantage social et aller harceler les mauvais payeurs sur leur lieu de travail.

Il faut dire que le client est parfois une denrée rare et qu’il n’est pas rare, justement, que des professionnelles en viennent aux mains pour s’adjuger les faveurs de la bourse de celui qui vient soulager les siennes. L’Omapro apparaît déjà très controversée. Elle testera véritablement sa légitimité en octobre prochain. Affaire à suivre.

Rappelons également qu’avec 34,2% de la population séropositive, le Swaziland, un million d’habitants, est l’un des pays où la pandémie du sida fait le plus de ravages.