Les Pharaons gagnent la bataille du mobile en Algérie

L’opérateur égyptien ORASCOM a raflé la première licence privée de téléphonie mobile, mise aux enchères par les autorités algériennes, pour un montant de 737 millions de dollars. Orange, la filiale de France Telecom, a fait un enchère de 422 millions de dollars.

Les événements de Kabylie ont eu impact négatif sur les investisseurs étrangers. Le gouvernement algérien a dû céder, par défaut, à l’opérateur égyptien ORASCOM la première licence de téléphonie mobile pour 737 millions de dollars. Orange, la filiale de France Telecom, n’a pas voulu aller au-delà de 422 millions de dollars, malgré les nombreuses facilités et avantages fiscaux que l’Etat algérien a promis à tous les candidats.

L’opérateur espagnol Telefonica mobiles et Portugal Telecom ont renoncé au dernier moment à présenter une offre commune. La situation sécuritaire et les récents événements en Kabylie et à l’Est du pays n’y sont pas étrangers. L’opération coordonnée par la toute nouvelle Agence de régulation des postes et télécommunication (ARPT) et le conseiller financier BNP-Paribas est qualifiée, dans plusieurs ministères algériens, de précipitée.

La grande bataille n’a pas eu lieu

Le retrait in extremis des opérateurs espagnols et portugais serait dû à une sombre affaire de pots de vin. Les deux groupes n’ont jamais caché que le marché nord-africain est une priorité pour eux. Ils viennent d’acquérir une bonne place au Maroc et d’obtenir la seconde licence GSM en Tunisie. Orange s’est satisfait d’une mise très prudente. En deçà des espoirs du gouvernement de Benflis qui tablait sur 800 millions à un milliard de dollars.

Allo, ici, El-Mouradia. Plusieurs médias algériens laissent entendre que l’attribution de cette licence a été imposée par El-Mouradia, siège de la présidence. Les autorités, devant le retrait européen et surtout la tiédeur française, ne voulaient pas donner l’image d’une Algérie pestiférée, faisant fuir les investisseurs. D’où le succès d’ORASCOM. Priorité donc à l’offre du nouveau leader de la téléphonie sans fil au Maghreb… En outre, la Présidence algérienne tient trop à la mise en oeuvre de son plan de privatisations, pour ouvrir l’économie du pays : différer, là encore, l’attribution, aurait donné un mauvais signal aux acquéreurs potentiels.

L’opérateur égyptien a annoncé la commercialisation de 500 000 lignes à partir de février 2002. Il doit effectuer un paiement fractionné en deux phases: 50 % avant l’attribution définitive, le 23 juillet prochain, et la somme restante échelonnée sur deux ans et demi. Différentes études montrent que le marché algérien représente un potentiel de 15 millions de lignes… De quoi justifier cet investissement !