Les paysans maliens couronnés

La galerie Ratton-Hourdé à Paris expose les tyi wara kun ou Masques-antilopes du Mali durant tout le mois de juillet. Une trentaine de sculptures en bois que portaient les meilleurs laboureurs sont rassemblées.

Les masques-antilopes ou Cimiers bambaras du Mali revivent dans la galerie Ratton-Hourdé, tout le mois de juillet dans le quartier Saint Germain, à Paris. Après des années de recherches, les commissaires recomposent un univers de fête et d’esthétisme.

Au Mali, à l’occasion de la fête annuelle des semailles et des moissons, les jeunes célèbrent les travaux agricoles et désignent les champions du meilleur labour. Le plus âgé des vainqueurs et le plus jeune portent une coiffe en vannerie qui soutient la sculpture imposante, de 25 à 87 cm de hauteur. Les statues et statuettes servent de fétiches et représentent des esprits protecteurs. Pour fêter l’événement, ils dansent plusieurs jours avec le corps recouvert d’un manteau de fibres végétales noires.

Mythe du masque Tji wara

La trentaine d’oeuvres d’art en bois, datée entre 1850 et 1920, a été amenée en Europe au début du siècle. Ces tyi wara kun (du bambara tji qui veut dire travailler, cultiver et wara le lion, symbole de la force), de formes différentes : courbées ou rigides, figuratives ou abstraites, horizontales ou verticales représentent chacune une antilope, symbole de beauté, de résistance et de vitesse. Elles peuvent avoir des pattes, des cornes et un cou petits comme le contraire. Les sculpteurs maliens ont laissé libre cours à leur imagination pour créer ces oeuvres originales.

Cette exposition thématique donne un air ancien à la galerie Ratton Hourdé qui se veut spécialisée en art moderne. Pour lier ces deux tendances, la galerie a choisi d’accrocher une série de gouaches et d’aquarelles de l’artiste Corneille en hommage aux Bambara.

Galerie Ratton-Hourdé

10,12 rue des Beaux-Arts

75006 Paris

01 46 33 32 02