Les ouvrières marocaines indispensables à l’agriculture espagnole


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L’Espagne a toujours besoin de saisonniers marocains dans son secteur agricole. Si elle souhaite limiter ses contingents de travailleurs immigrés à cause de la crise économique, elle fera tout de même appel à plus de 14 000 ouvrières marocaines d’ici la fin de l’année.

L’Espagne souhaite modifier ses quotas migratoires en 2009 pour cause de hausse galopante du chômage. Le recrutement des travailleurs étrangers dans leur pays devrait être « proche de zéro», a déclaré il y a quelques semaines le ministre espagnol du Travail et de l’Immigration, Celestino Corbacho. «Il ne semble pas raisonnable que sur un marché comme l’Espagne, où nous avons 2,5 millions de personnes au chômage, nous recrutions encore des gens dans leur pays d’origine ». L’Union syndicale ouvrière espagnole (USO) s’est immédiatement opposée à l’initiative. Elle considère qu’une telle mesure risque « de générer davantage d’immigration illégale, avec tous les drames qu’elle suppose, et de ruiner les espoirs de nombreux travailleurs voulant immigrer légalement en Espagne ».

Les Marocains, l’exception à la nouvelle règle espagnole ?

L’allusion concerne particulièrement les Marocains. Mais « en principe, l’Anapec (l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi et des compétences, ndlr) n’est pas concernée par la décision du gouvernement espagnol dans la mesure où l’Espagne prévoit de continuer à recruter les travailleurs étrangers dont la venue est régie par des conventions internationales et les travailleurs ayant une certaine spécialisation », a confié début septembre au quotidien Aujourd’hui le Maroc Hafid Kamal, le directeur général de l’Anapec. La structure marocaine est en charge de la gestion des contrats des travailleurs saisonniers aussi bien dans le secteur agricole que dans ceux du tourisme ou l’hôtellerie.

L’agence a ainsi lancé ce lundi une opération de recrutement de
2 500 ouvrières au titre de la campagne agricole 2008-2009. Employées par des associations agricoles espagnoles, elles travailleront pendant deux mois dans les plantations de fraises dans la province de Huelva, en Andalousie. Pour 32 à 34 euros par journée de travail de 6h30, six jours par semaine, les travailleuses marocaines seront chargées de la cueillette et du conditionnement des fraises. Une partie des ouvrières, toutes logées par leurs employeurs, s’occuperont pour la première fois cette année de la plantation.

Les travailleurs pour contrer les clandestins

Une délégation marocaine, conduite par Jamal Rhmani, le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, s’est rendue en avril dernier dans la ville de Cartaya, dans la province de Huelva. La démarche visait à apprécier les conditions de travail de ces ouvrières marocaines. L’Anapec et la mairie de Cartaya sont partenaires dans le cadre du Programme de gestion intégrale de la migration saisonnière (Aeneas). Treize mille Marocaines ont déjà été recrutées depuis le lancement du programme en 2006.

L’Anapec s’apprête, selon son directeur général, à signer des conventions-cadre avec la région de la Catalogne afin de profiter de son important potentiel agricole. Douze mille autres ouvrières devraient être recrutées pour une opération de cueillette en décembre. L’Espagne et le Maroc ont signé en 2001 un accord de main d’œuvre, effectif quelques mois plus tard, et comptent bien faire de cette migration choisie un moyen de lutte contre l’immigration clandestine. L’Anapec devrait recruter près de 20 000 ouvrières saisonnières pour l’Espagne au titre de la campagne 2008-2009. Un chiffre en nette progession comparé à celui de l’année précédente : plus de 11 000 travailleuses avaient été sollicitées.

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