Les Ougandais ne veulent pas de changement

Yoweri Museveni, le président sortant, vient d’être réélu à la tête de l’Ouganda avec 69,3% des voix. Un score sans appel violemment dénoncé par son principal rival, Kizza Besigye.

 » Perdre est complètement hypothétique, cela n’arrivera pas. Nous avons le support massif de la population.  » Paroles prémonitoires, ce dimanche à Kampala, de Yoweri Museveni qui vient d’être réélu à la tête de l’Ouganda avec 69,3% des voix.

Un score immédiatement contesté par son principal rival, Kizza Besigye, qui n’a obtenu que 27,8% des voix. Ce dernier dénonce, dans une lettre adressée à la commission électorale qui a émis les chiffres, des élections  » truquées  » et des  » pratiques frauduleuses grossières « . Selon lui, 12 millions de personnes auraient participé au scrutin de lundi alors que seuls 10,6 millions d’Ougandais sont inscrits sur les listes officielles. Il fustige les bourrages d’urnes et l’intimidation à l’encontre de ses partisans dans certains bureaux de vote.

Tous pour le  » Mouvement « 

En offrant massivement un dernier mandat de cinq ans (le maximum autorisé par la constitution) à Yoweri Museveni, les Ougandais auraient donc voté contre le changement. Ils ont également montré leur confiance dans le système du  » Mouvement  » mis en place par le président. Ce système, qualifié par ses opposants de  » parti unique déguisé  » car il tolère mais muselle les partis politiques, avait déjà été entériné en juillet 2000 par la population. Celle-ci avait voté en masse contre le multipartisme. Un signe.

Les Ougandais ont été à peine 30% à ne pas glisser leur bulletin dans l’urne et le scrutin s’est déroulé dans le calme. Les quatre autres candidats en lice se sont partagé à peine 3% des votes.