Les observateurs sud-africains saluent la visite d’Hillary Clinton

C’est ce jeudi que prendra fin à Accra la capitale ghanéenne, la tournée marathon d’Hillary Clinton en Afrique. Pendant onze jours la chef de la diplomatie américaine s’est rendue notamment au Sénégal, au Soudan du sud, au Kenya et en Afrique du sud. Au pays de Mandela, principale étape de son périple africain, l’ex First lady (Première dame) des Etats-Unis a plaidé pour la mise en place d’un partenariat stratégique entre les Etats-Unis et l’Afrique du sud.

(De notre correspondant)

L’Afrique du sud est un partenaire de premier choix des Etats-Unis sur le continent africain. Washington est le second partenaire commercial de l’Afrique du Sud, derrière la Chine. Les États-Unis sont aussi le troisième investisseur direct étranger après le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Pour Jakkie Cilliers, directeur exécutif de l’Institute for Security Studies, un « think tank » (cercle de pensée) sud-africain, le voyage de Clinton en Afrique vise à neutraliser, ou du moins minimiser, l’influence de la Chine sur le continent. « Le voyage de Clinton représente généralement une plus grande reconnaissance par l’administration Obama parce que l’Afrique est aujourd’hui un acteur mondial. Nous ne sommes pas seulement courtisés par les Chinois, mais par les Américains. le continent est en train de devenir une destination mondiale pour le commerce et l’investissement », soutient-il.

Aujourd’hui le pays de Mandela première puissance économique du continent devient de plus en plus incontournable dans les relations internationales. C’est pourquoi Robert Kelley, un membre fondateur de Democrats Abroad en Afrique du Sud, soutient que la nation arc- en -ciel est devenue un partenaire stratégique des Etats-Unis et son potentiel ne pouvait être ignoré. « Au cours des dernières années, la quête de la bonne politique envers l’Afrique n’a jamais été pleinement réalisée, et pourtant l’Afrique est clairement un partenaire commercial plus stratégique que l’on aurait pu imaginer. Il ne peut plus être considéré comme simplement un lieu d’installation des bases militaires, ou tout simplement un endroit pour sécuriser les ressources de demain sur le dos des pauvres », Affirme M. Kelley.

Neutraliser la chine

Selon certains journalistes sud-africains, cette visite d’Hillary Clinton ne vise qu’à contrecarrer l’influence grandissante de la Chine dans leur pays. Ainsi selon Peroshni Govender du South Africa time, le périple africain de la chef de la diplomatie américaine ne vise qu’ à promouvoir la nouvelle stratégie de Barack Obama pour l’Afrique, qui met l’accent sur le potentiel économique du continent ainsi que sur l’avancement de la paix et la sécurité. « Elle invite une fois de plus les dirigeants africains à embrasser la démocratie et le partenariat avec les puissances étrangères responsables s’ils voulaient améliorer les conditions de vie de leur peuple », écrit-il. Ce qui fait dire à l’un des éditorialistes du prestigieux Mail and Guardian, un quotidien sud-africain, que les Etats-Unis n’entendent pas rester les bras croisés face à la montée en puissance de la Chine en Afrique.

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