Les NTIC contre la pauvreté

La Commission européenne chargée du développement et de l’aide humanitaire estime que résorber la pauvreté passe par le développement des NTIC. Dans cette optique, elle a accordé, dans le cadre d’un partenariat, une enveloppe de 21 millions d’euros sur cinq ans au continent africain. Le porte-parole de la Commission explique la stratégie de l’Europe.

Faire reculer la pauvreté par les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). C’est l’objectif que s’est fixé en Afrique la Commission européenne chargée du développement et de l’aide humanitaire. L’institution a ainsi accordé, dans le cadre d’un partenariat, 21 millions d’euros sur cinq ans pour divers projets d’aide au développement sur le continent. Jean-Charles Ellermann-Kigombe, porte-parole de la Commission, explique pourquoi l’Europe croit au développement par les NTIC.

Afrik : Dans quel cadre s’inscrit l’affectation des 21 millions d’euros pour les NTIC en Afrique ?

Jean-Charles Ellermann-Kigombe :
Le financement du projet entre dans le cadre du neuvième fonds européen de développement, 9Fed, qui finance l’intégration des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP, ndlr). Les 21 millions d’euros ont été accordés après un accord de coopération régionale entre la Commission et deux principaux groupements régionaux : le Marché commun des Etats d’Afrique de l’Est et australe (Comesa) et la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE).

Afrik : Comment est née l’idée de financer le développement des NTIC sur le continent africain ?

Jean-Charles Ellermann-Kigombe :
Nous identifions les domaines sur lesquels nous agissons en proche collaboration avec nos partenaires. Nous avons pris cette décision suite à la demande de la Comesa et de la CAE, qui avaient émis le souhait de développer ce secteur. Ce sont les partenaires de l’Union Européenne qui décident des domaines sur lesquels ils veulent agir. Nous avons accepté leur demande car nous reconnaissons l’importance et le potentiel des NTIC pour le développements des pays ACP. Nous avons d’ailleurs dépensé 110 milliards d’euros ces dix dernières dans cette optique.

Afrik : Quels principaux objectifs du projet compte atteindre votre Commission ?

Jean-Charles Ellermann-Kigombe :
Nous souhaitons participer à l’intégration régionale des pays africains pour faire reculer la pauvreté. Nous sommes convaincus qu’une meilleure utilisation des NTIC peut permettre aux entreprises d’optimiser leurs opportunités et leurs activités commerciales. Par exemple, nous espérons que le savon produit par un pays servira à la consommation nationale, mais aussi à celle de ses voisins. Cela permettra d’élargir le marché, ce qui attirera les investisseurs. Autre priorité : pour que les investisseurs et les consommateurs soient rassurés et se sentent protégés, il est par exemple important de mettre en place une législation régissant le commerce sur Internet. Avec ce projet, nous voulons, entre autres, soutenir le développement des cadres législatifs dans les NTIC pour faciliter l’échange commercial entre les Etats.

Afrik : Pensez-vous que 21 millions d’euros suffiront à atteindre vos objectifs ?

Jean-Charles Ellermann-Kigombe :
Avec 21 millions d’euros, on ne peut pas prétendre relever un défi de cette taille. En revanche, il est tout à fait possible d’accomplir de grandes avancées. Notamment dans le cadre législatif. C’est indispensable pour que d’autres investisseurs potentiels ou institutions s’engagent dans la même voie que la Commission. Par ailleurs, il faut bien préciser que ces 21 millions ne représentent pas la totalité des fonds alloués aux NTIC. Dans la plupart des programmes que nous menons, nous injectons de l’argent pour ce volet.

Afrik : Comment va se dérouler l’aide sur le terrain ?

Jean-Charles Ellermann-Kigombe :
Une fois que le programme cadre sera adopté, un comité national sera mis en place dans les pays concernés par le projet. Ils auront pour tâche d’identifier et de détailler les secteurs dans lesquels il faut travailler. Ils seront coordonnés par des comités régionaux. Certains consultants européens travailleront dans les bureaux nationaux et régionaux dans le but d’opérer un transfert de compétences.

Afrik : Pensez-vous que seules les NTIC pourront faire reculer la pauvreté ?

Jean-Charles Ellermann-Kigombe :
Non, les NTIC sont un outil majeur, un moteur de croissance et donc, par voie de conséquence, un moyen de lutte contre la pauvreté. L’idée est d’intégrer les nouvelles technologies dans tous les domaines, comme l’éducation ou encore la santé, pour qu’ils puissent se développer.