Les noces de Khalifa et de la télévision


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L’audiovisuel algérien est entré en mutation rapide. Deux preuves récentes : le colloque organisé du 12 au 14 décembre à Alger par la télévision nationale sur le concept de  » service public  » et la signature d’une convention entre cette même ENTV et le Groupe Khalifa.

Grande soirée, organisée le samedi 14 décembre 2002, sous la  » khaïma  » du Sheraton du Cap des Pins, la mecque des hommes d’affaires et des hommes d’Etat algériens : le jeune groupe Khalifa épousait en noces légitimes l’institution que représente l’ENTV, la société publique de télévision algérienne.

En présence du Directeur général de l’ENTV, M. Hamraoui, et de la principale dirigeante présente du Groupe Khalifa, responsable de sa diversification audiovisuelle, Djaouida Jazaelri, propre tante de Rafik Abdelmoumen Khalifa, la signature de cette alliance improbable représentait une véritable révolution culturelle. Symbolique de la transformation profonde que connaît aujourd’hui l’Algérie.

Apports réciproques

Pierre Wiehn, membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel français, qui a autorisé récemment la diffusion de la chaîne Khalifa TV sur l’Europe et en particulier la France, évoquait, pour caractériser le climat de la soirée, le rapprochement historique constitué par l’alliance, en 1995, entre TF1, principal groupe privé français, et France Télévision, c’est-à-dire France 2 et France 3. L’alliance signée alors concernait le lancement d’une offre satellitaire commune, en l’occurrence TPS.

Symétriquement, la convention cadre signée ce soir entre Khalifa TV et l’ENTV est une manière pour chacune des deux sociétés, de se projeter vers l’avenir. A Khalifa, la société nationale de télévision va apporter un accès à ses archives et une assistance en formation pour ses nouvelles équipes, en contrepartie, la chaîne Khalifa contribuera à dynamiser le contenu de la chaîne publique par des inspirations nouvelles. La couverture de  » L’Année de l’Algérie en France « , qui commence le 1er janvier 2003, sera l’un des chantiers sur lesquels le travail de certaines équipes pourra être mis en commun…

De nombreux partenaires

Etaient donc présent dans l’assistance Mohamed Raouraoua, Commissaire général algérien de L’Année de l’Algérie en France, et le secrétaire général du Commissariat algérien, Mohamed Berdja. Parmi les vedettes invitées aux noces, on notait également la présence de plusieurs stars de l’audiovisuel algérien, à commencer par Afaf Belhouchet, animatrice talentueuse des matinées de Canal Algérie, ou Cheb Mami, qui n’aurait pour rien au monde raté l’événement. L’animateur français Pierre Sled, spécialiste des émissions sportives, et futur pilier de la programmation de Khalifa TV dans ce domaine, avait également fait le voyage, ainsi que le producteur Tim Newman.

France Télévision était représentée par Olivier Zegna Rata, Directeur des chaînes thématiques et du développement et Jean-Noël Dibie, Chargé de mission à la Direction internationale du groupe, tandis que de nombreuses autres télévisions étrangères participaient à la soirée, toutes partenaires ou futures partenaires de l’une ou l’autre des chaînes algériennes, publiques ou privées.

Un souffle nouveau ?

Au-delà de la fête partagée, chacun était conscient de l’importance presque historique de ce rapprochement : l’Etat algérien signifiant par là sa bonne volonté et son ouverture, son désir de voir se développer en Algérie un véritable marché ouvert de l’audiovisuel, avec tout ce que cela implique en terme de  » garantie du pluralisme et de l’expression démocratique « , pour reprendre les termes prononcés quelques heures auparavant lors du colloque de l’ENTV par Hervé Bourges, ancien président de France Télévision et du CSA français.

Un souffle nouveau soufflerait-il sur les ondes algériennes ? Chacun en tous les cas parlait déjà librement du projet de loi sur l’audiovisuel actuellement à l’étude, et qui devrait, assez rapidement, libéraliser le secteur… Pour le plus grand profit des téléspectateurs algériens ! Et à condition toutefois que la télévision publique sache à temps s’adapter aux nouvelles conditions de concurrence…

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