Les négociateurs ivoiriens se mettent d’accord

Les dix délégations ivoiriennes réunies à Marcoussis depuis le 15 janvier ont signé dans la nuit de jeudi à vendredi un accord qui prévoit le maintien au pouvoir du président Laurent Gbagbo jusqu’à la fin de son mandat et la formation d’un gouvernement élargi aux rebelles.

Après quatre mois de crise en Côte d’Ivoire, une solution politique semble avoir été trouvée pour un retour au calme progressif. En effet, les dix délégations ivoiriennes réunies à Marcoussis (région parisienne) depuis le 15 janvier ont signé dans la nuit de jeudi à vendredi un accord qui prévoit le maintien au pouvoir du président Laurent Gbagbo jusqu’à la fin de son mandat en 2005 et la formation d’un gouvernement élargi aux trois mouvements rebelles et regroupant les principales forces politiques du pays.

L’accord de Linas-Marcoussis, signé par les chefs des délégations et Pierre Mazeaud, membre du Conseil constitutionnel qui présidait les discussions, précise que le futur gouvernement  » sera composé de représentants désignés par chacune des délégations ayant participé à la table ronde  » et aura la tâche de préparer les prochaines échéances électorales. L’actuel président ivoirien devra nommer un Premier ministre de consensus qui disposera des prérogatives de l’exécutif mais ne pourra pas se présenter aux prochaines présidentielles. Les négociateurs n’ont pas encore établi de liste de premiers ministrables.

Entériner l’accord

Pierre Mazeaud a présenté l’accord vendredi matin au président français Jacques Chirac qui devait recevoir Laurent Gbagbo dans l’après-midi. La visite du président ivoirien à Paris doit permettre d’entériner l’accord des négociateurs ivoiriens et de prévoir les mécanismes de son contrôle et de sa garantie. Un calendrier précis sera édicté lors du sommet des chefs d’Etat africains, qui se déroulera à Paris samedi et dimanche.

Alors que sur le terrain la situation militaire se dégrade, le retour à la paix dépendra en effet du suivi de la table-ronde. La participation de Koffi Annan, secrétaire-général des Nations Unies, au sommet des chefs d’Etat africains est perçue par la France comme un gage de l’implication de la communauté internationale dans la résolution de la crise ivoirienne. Il est également prévu que les bailleurs de fonds conditionnent la reprise de leur aide au respect de l’accord.