Les mystères du fleuve Congo

La protection des différentes espèces du fleuve Congo est au cœur des préoccupations des chercheurs du musée royal des sciences naturelles de Bruxelles. Ainsi, en 2010, des scientifiques belges en partenariat avec leurs homologues congolais ont mis en place la plateforme de la biodiversité du bassin du Congo. L’objectif : améliorer leurs connaissances de ce gigantesque bassin fluvial, le second au monde.

(De notre correspondant)

C’est en 2010 qu’une équipe scientifique multidisciplinaire a pris le départ de Kisangani pour étudier le fleuve Congo et les régions qui le bordent. Cette grande expédition a été baptisée Boyekoli Ebale Congo, ce qui signifie « étude du fleuve Congo » en lingala. Cette expédition est une grande première dans ce pays. En effet depuis l’indépendance il n y a plus jamais eu d’exploration au Congo. Cela est dû à l’isolement du pays.

La mission avait pour but de réaliser un inventaire précis, de suivre pas à pas l’évolution des espèces vivant dans le bassin du Congo. Pendant cinq semaines, 67 zoologistes, botanistes, géologues, cartographes, hydrologues, archéologues et linguistes se sont attelés à l’étude de ce milieu exceptionnel. Ils ont analysé la qualité de l’eau du fleuve et de ses affluents et étudié leurs populations de poissons et d’invertébrés. Ils se sont également penchés sur la faune et la flore des forêts.

L’expédition aura permis de faire l’inventaire des animaux aquatiques et terrestres, d’évaluer la répartition de cette biodiversité dans le bassin du Congo. « Les espèces sont plus nombreuses qu’on le pensait et souvent leur répartition est très limitée voir endémique pour une petite zone », note Erik Verheyen, responsable du laboratoire moléculaire au musée royale des sciences naturelles de Bruxelles. Au total, l’expédition a permis de mettre la main sur quelques 150 espèces de poissons, petits et grands. « Le travail d’identification et de classement des espèces, genres et groupes doit encore être accompli, notamment grâce à des observations morphologiques complétées par des analyses ADN pratiquées sur des prélèvements de nageoire ventrale. Du fait des risques d’altération des couleurs dans le formol, chaque espèce a également été photographiée sous toutes les coutures », note Erik Verheyen.

Inventorier les espèces

« Avec cela, on pourrait faire l’inventaire d’une faune et par la suite facilement identifier les espèces sans voir les spécimens. Nous sommes en train de créer une banque de données pour les petits mammifères pour les oiseaux et les poissons du Congo », ajoute Erik Verheyen. Les chercheurs maliens pourront s’inspirer de ces recherches notamment en ce qui concerne l’impact de cette recherche sur la protection de l’environnement et la lutte contre la pollution notamment du fleuve Niger menacé dans son existence par les déchets, les ordures et les eaux usées.

« Dans l’équipe on est en train de faire l’inventaire de tous les produits industriels qui sont le résultat des activités au nord apporté par l’atmosphère, par les nuages retrouvables dans l’eau », soutient Erik Verheyen. On pourra voir le degré de la pollution au Congo. C’est un point de référence pour les chercheurs qui pourront suivre l’évolution et alerter les autorités, conclut le chercheur belge.

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