Les mutins suspendent les négociations

Les mutins ont décidé samedi de suspendre les négociations avec le gouvernement ivoirien, entamés le 30 octobre dernier à Lomé. Ils expliquent leur décision par l’assassinat du frère de Louis Dakoury Tabley, ancien compagnon de route du président Gbagbo qui a rallié récemment la rébellion.

C’est de nouveau la méfiance qui règne entre les mutins – en insurrection militaire depuis le 19 septembre – et le gouvernement ivoirien. Après l’assassinat du docteur Benoît Dakoury-Tabley, frère de Louis Dakoury-Tabley, ancien compagnon de route du président Gbagbo qui a rallié récemment le Mouvement patriotique de la Côte d’Ivoire (MPCI, branche politique de la rébellion), les mutins ont décidé de suspendre les négociations, entamés le 30 octobre à Lomé. Le médecin a été retrouvé mort vendredi à Abidjan, trois jours après avoir été arrêté sur son lieu de travail par deux hommes en uniforme. Les rebelles n’ont pas mis fin aux négociations expliquant que cette rupture est momentanée. Même s’ils ne fixent aucune date quant à la reprise des discussions.

Méfiance totale

 » Le gouvernement déplore cette énième perte en vie humaine depuis le déclenchement de cette crise et condamne ces actes de barbarie perpétrés sur des citoyens. Une enquête est ouverte pour déterminer les responsabilités « , a réagi, dans un communiqué, le ministre délégué à la Défense et à la protection civile, Kadet G. Bertin. Réponse qui ne satisfait nullement le Secrétaire général du MPCI, Guillaume Soro, qui accuse Abidjan de programmer les tueries pour éviter que les soutiens à la rébellion ne se déclarent publiquement.  » Nous n’avons jamais peur de prendre nos responsabilités et c’est pour cela que nous les prenons ici et maintenant en suspendant unilatéralement ces négociations pour que le gouvernement de Gbagbo se donne les moyens d’assurer la sécurité de tous les Ivoiriens qui vivent aujourd’hui à Abidjan « , affirme Guillaume Soro.

Dans le même temps, les deux parties s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu. Les mutins ont fermé le corridor au sud de Bouaké, qui mène vers la localité de Tiébissou, à une quarantaine de kilomètres au nord de Yamoussoukro, par  » mesure de sécurité « . Les forces gouvernementales auraient, selon eux, procédé à des manoeuvres dans la région.