Les mutins se paient dans la rue

Un mouvement de colère de certains militaires a paralysé la Côte d’Ivoire les 4 et 5 juillet derniers. Le général Gueï aurait réussi à apaiser la situation en passant un accord avec les mutins. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Les 4 et 5 juillet derniers, les principales villes ivoiriennes ont été le lieu d’une mutinerie : des soldats en armes ont terrorisé la population en tirant des coups de feu, en réquisitionnant des voitures. On parle même de pillages et de braquages. Ils réclament un  » butin de guerre « , pour leur implication dans le coup d’état de décembre 1999. Le général Gueï a immédiatement décrété un couvre-feu, partiellement respecté par la population abidjanaise.

Aujourd’hui, les principaux journaux du pays annoncent le calme après la tempête : le porte-parole des mutins, le caporal Aboubakary Koné, a affirmé qu’ils étaient rentrés dans leurs casernes et avaient déposé les armes. Le dialogue avec la junte militaire au pouvoir aurait donc porté ses fruits, même si l’on ne connaît pas exactement la teneur de l’accord mis au point.

Concessions mutuelles

 » La situation s’est normalisée à la suite d’un accord signé hier entre les mutins et les autorités de la junte militaire. Selon des sources concordantes, proches des autorités ivoiriennes, la conclusion de cet accord dont la teneur n’a pas été relevée, a été obtenue grâce aux concessions faites mutuellement par les deux parties « , peut-on lire dans l’Inter aujourd’hui.

Le bilan aura été lourd : le journal ivoirien Soir Info rapporte qu’une femme d’affaires de 40 ans a été fusilée par  » des hommes en tenue «  dans la nuit du 4 juillet, parce-qu’elle avait refusé de leur céder son véhicule. L’Inter fait le décompte : trois militaires tués et onze civils blessés par balles.