Les mines de cuivre zambiennes davantage rentables à l’avenir ?

La privatisation a commencé de porter ses fruits quant aux volumes de production. Mais malgré un sous-sol exceptionnel, les mines africaines rapportent encore trop peu aux populations.

Selon le Dr Syamukayumbu Syamujaye, ministre zambien des Mines, la production de cuivre et de cobalt du pays commence à profiter des effets de la privatisation des Zambia Consolidated Copper Mines (ZCCM). Le ministre s’exprimait dans le cadre de la réunion annuelle du conseil d’administration de l’Institut universitaire des Nations-Unies pour les ressources naturelles de l’Afrique (UNU / INRA), qui s’est tenue à Lusaka au début de cette semaine.

La privatisation des ZCCM aurait déjà, selon le ministre, des effets pratiques sur le niveau des investissements et sur la qualité de l’encadrement de l’activité minière. La recherche et le développement se sont également développés. Le Dr Syamujaye a enfin expliqué que les prochaines priorités de son gouvernement seraient de moderniser les mines de petite et moyenne taille, en particulier dans les zones rurales.

Il répondait à Uko Mokwunyo, directeur de l’UNU / INRA qui venait de faire le parallèle entre l’immensité des ressources minières de l’Afrique et le peu de profit qu’en tirent les populations.

Les causes du retard

L’Afrique concentre l’immense majorité des ressources mondiales en minerais non énergétiques. Mais ce marché reste trop faible en valeur. Par ailleurs, l’exploitation des mines par de grandes sociétés peu soumises à la concurrence à l’époque coloniale, puis par des entreprises nationalisées, n’a pas favorisé l’investissement qui aurait permis de rationaliser l’extraction des minerais.

Dans d’autres pays, comme la R.D.C., la corruption d’Etat a causé un tort considérable à la production. Dans l’ex-Zaïre du temps de Mobutu, par exemple, le tonnage annuel de cuivre est passé de 465 000 à 48 400 tonnes entre 1988 et 1993 (1) ; dans le même temps, la production de cobalt s’effondrait de 10 000 à 2 400 tonnes annuelles.

(1) Source : Le Monde diplomatique