Les millions d’Abacha réapparaissent

Les chiffres circulant dans la presse à propos de la fortune de Sani Abacha, l’ancien dictateur nigérian, donneraient le tournis s’ils ne provoquaient pas d’abord le dégoût. 100 nouveaux millions de dollars viennent d’être débusquées au Liechtenstein.

Le Liechtenstein, pimpante principauté d’opérette d’Europe occidentale, s’est fait une spécialité de recycler à grande échelle l’argent sale. Il est donc presque étonnant que cette bonne adresse des voleurs d’argent public du monde entier n’ait pas encore figuré au carnet des  » exploits  » de Sani Abacha, l’ancien dictateur du Nigeria. Une incongruité réparée depuis hier, avec la découverte d’un compte de plus de 100 millions de dollars au nom d’Abacha dans une banque de Vaduz, la micro-capitale de ce micro-Etat.

La somme a été découverte par Enrico Monfrini, l’avocat genevois du gouvernement d’Olusegun Obasanjo, au terme d’une longue traque. Une somme qui paraît fantastique, mais qui ne représente sans doute que la partie émergée de l’iceberg d’or sur lequel perche encore Abacha. Jusqu’à présent, les autorités de divers pays ont déjà gelé 1,2 milliards de dollars d’avoirs au Luxembourg et en Suisse de l’ancien dictateur. Mais Monfrini a déclaré à l’agence Reuters qu’il s’apprêtait à bloquer de nouveaux comptes pour une valeur de 450 millions de dollars au Royaume-Uni. Il a ajouté que l’affaire n’en était qu’à ses débuts, et qu’il détenait des pistes le menant de Dubai jusqu’à Hong Kong et au Brésil.

Corruption

Pour sa défense et celle de sa famille, le général Abacha a choisi le conseil de Johnnie Cochran, l’avocat américain qui avait défendu, en 1995, l’ancien footballeur O.J. Simpson accusé du meurtre de son épouse.

Interrogé par afrik.com il y a deux semaines, le député français Pierre Brana, de retour du Nigeria, avait jugé que la corruption du régime d’Abacha avait été le principal facteur empêchant ce pays d’accéder au développement, malgré son potentiel fabuleux de richesses.