Les mères égyptiennes veulent l’égalité

Une Commission de révision du code de nationalité égyptien milite pour que les mères égyptiennes puissent transmettre leur nationalité aux enfants nés de pères étrangers. Cette modification permettrait à quelques 400 000 petits Egyptiens de pouvoir s’inscrire dans les écoles publiques et de se passer de cartes de séjour. Mais elle n’a pas que des défenseurs.

Un enfant de mère égyptienne et de père étranger n’a pas le droit à la nationalité égyptienne. C’est ce que dénoncent aujourd’hui les partisans d’une réforme du code égyptien de la nationalité. Faisant valoir que la loi en vigueur s’oppose aux principes de la Constitution égyptienne – les articles 11 et 40 déclarent l’égalité entre l’Homme et la Femme -, les membres de la commission de révision de la loi, proposent que  » tout enfant né d’un père ou d’une mère égyptien soit reconnu comme Egyptien « .

Cette commission, qui vient d’être créée par le Conseil national pour la femme à la demande de la première dame du pays, Suzanne Moubarak, regroupe des représentants des ministères de la Justice et de l’Intérieur, des femmes et des féministes. Le problème n’est pas nouveau et s’est déjà posé dans le milieu des années 80, avec la multiplication des mariages mixtes – notamment d’Egyptiennes avec des Arabes du Golfe – à cette époque. Alors que trois propositions de loi pour réviser le code de nationalité ont été déposées en 1990, 92 et 96 sans être examinées par le Parlement, c’est le député indépendant Mohamad Khalil Qoweita qui soulève le débat en 1997.

Nationalité sous conditions

Il présente des propositions et des plaintes à l’Assemblée du peuple. Les enfants portant la nationalité étrangère de leur père en Egypte n’ont pas le droit de s’inscrire dans les écoles ou les universités publiques, ils ne peuvent pas devenir fonctionnaires et doivent avoir une carte de séjour et un permis de travail. Comme tous les étrangers.  » La loi en vigueur donne une mauvaise image de l’Egypte du fait qu’elle ne respecte pas les principes d’égalité entre hommes et femmes « , affirme une féministe dans les colonnes d’Al-Ahram.  » On ne peut pas accepter que des enfants illégitimes ou dont la nationalité du père est inconnue soient comptés parmi les Egyptiens alors que les enfants nés de mères égyptiennes sont privés de ce droit « , estime une autre.

400 000 petits Egyptiens sont aujourd’hui concernés par la révision de cette loi mais avant que les mères puissent transmettre leur nationalité à leurs enfants, il faudra convaincre les plus réticents. Et ils sont nombreux. Tandis que certains députés et religieux y sont totalement opposés, d’autres plaident pour que l’octroi de la nationalité soit conditionné : le mariage doit durer au moins cinq ans, ne doit pas être coutumier et la différence d’âge entre les époux ne doit pas dépasser les dix ans afin de protéger les jeunes Egyptiennes des mariages avec des hommes du Golfe riches et âgés.