Les médias privés dénoncent le muselage de la presse au Niger

Après le maintien du correspondant de RFI, Moussa Kaka, en prison, la fermeture de la maison de la presse, celle de la radio et télévision privée Dounia, et la menace d’interdiction de tous les journaux privés, le Collectif des organisations socio-professionnelles des médias a dénoncé « une cabale du CSC à l’encontre de la presse »

Les organisations socioprofessionnelles du secteur des médias du Niger ont dénoncé et condamné, jeudi, « l’acharnement » du pouvoir contre Moussa Kaka, correspondant de Radio France internationale qui continue d’être maintenu en prison en dépit du non-lieu prononcé par le doyen des juges d’instruction.

Dans une déclaration rendue publique à Niamey, ces organisations ont également dénoncé la fermeture « injustifiée » de la Maison de la presse ainsi que « l’ingérence du gouvernement » dans le fonctionnement de ce cadre indépendant et fédérateur des médias nigériens, en violation du droit à la liberté d’association.

Elles mettent en garde le Conseil supérieur de la communication (CSC), présidé par Daouda Diallo, contre toute velléité d’interdiction de parution des journaux privés pour une histoire de carte de presse qui pourrait être réglée autrement, que par des « méthodes liberticides ». Le CSC menace en effet d’interdire la parution des journaux privés dont les directeurs de publication ne possèdent pas la carte de presse.

L’affaire Dounia

Les organisations socio-professionnelles appellent les confrères ainsi que les défenseurs des droits de l’homme et de la liberté de la presse à « se mobiliser contre ces dérives autoritaires » du pouvoir et du CSC.

On rappelle que le gouvernement nigérien a ordonné la fermeture depuis le 30 juin 2008 de la Maison de la Presse tandis que le CSC suspendait, hier, les programmes de la Radio et Télévision Dounia pour une durée d’un mois. Selon M. Ali Idrissa, directeur général adjoint de « Dounia », les motifs invoqués par le CSC sont « fallacieux ». « Notre cahier de charges est scrupuleusement respecté mais ce qui dérange, c’est plutôt notre ligne éditoriale et les échanges que nous avons eus ce mercredi avec les autorités de régulation », a- t-il indiqué.

Depuis l’incarcération de l’ex-Premier ministre, Hama Amadou, la chaîne de radio-télévision « Dounia » a régulièrement couvert et diffusé les déclarations et manifestations des partisans et sympatisants de ce dernier. Au lendemain de l’incarcération de l’ex-Premier ministre du Niger, M Hama Amadou, cette chaîne avait déjà été mise en demeure par le CSC « pour diffusion d’éléments incitant à la violence dans le traitement de l’information relative à cette affaire ».