Les Marocaines se mettent aux cosmétiques

Considéré comme  » encore étroit  » par les professionnels, le secteur cosmétique au Maroc est  » relativement porteur et concurrentiel « . Il enregistre une croissance annuelle entre 10 et 15% et les Marocaines dépensent en moyenne 65 DH par an pour se faire belles. De notre partenaire l’Economiste.

Le rouge à lèvres, le mascara et le fond de teint arrivent en tête des produits les plus demandés au niveau du maquillage de la femme marocaine, indique une étude actualisée au 30 août 2002, par la Mission Economique Française sur le marché des parfums et cosmétiques au Maroc. Avec un revenu variant de 1 500 à 5 000 DH, elles sont ainsi 3 millions de consommatrices à être ciblées par des campagnes de publicité.

L’étude française estime que les dépenses d’hygiène des ménages représenteraient 1,35% de leurs revenus en milieu rural. En milieu urbain, elles sont de 1,80%, soit une consommation de 65 DH par an et par habitant. Les produits de soins représenteraient 60% du marché global des cosmétiques. Une forte demande est enregistrée pour les produits démaquillants, des antitaches et des écrans totaux. Cela s’explique par le type de climat très ensoleillé que connaît le Maroc.

Marques internationales

Les spécialistes sont donc unanimes pour dire que le marché de la parfumerie et des cosmétiques est relativement porteur et concurrentiel bien que considéré  » plutôt étroit « . L’étude indique que le secteur enregistre, tout de même, une croissance annuelle qui se situerait entre 10 et 15%. Les gammes sélectives, quant à elles, connaîtraient une croissance de 20% et le segment des produits grands publics suivrait la même tendance.

Au niveau de l’offre, le marché se partage en deux grandes branches : les produits de grande consommation (le mass market) et le sélectif (luxe). Actuellement et selon le rapport, l’offre est nettement supérieure à la demande. Le marché marocain ne désemplit pas des différentes marques internationales. Ces dernières présentes via leurs agents sont représentées par deux entreprises. Olka, qui commercialise de grands noms tels que Clarins, Kenzo, Thierry Mugler ou Christian Dior. Quant à Cinquième Sens, elle possède dans son portefeuille Guerlain, Nina Ricci, Boucheron, Elisabeth Arden et les Parfums Chopard.

L’Oréal au top

Certaines marques, elles, sont prépondérantes sur certains produits. C’est le cas pour l’Oréal, qui dépasse ses concurrents sur trois grands secteurs : les produits capillaires, le maquillage et les parfums, indique l’étude. Yves Rocher, qui a fait son entrée au Maroc depuis moins de 10 ans, a réussi l’ouverture de 48 magasins en franchise. Ces produits, qui s’adaptent à toutes les bourses, ont connu un grand succès. Avon, présent depuis 1990, renforce actuellement sa position en s’implantant directement à travers une filiale. L’étude montre que cette entreprise servira aussi de plate-forme vers la région maghrébine et africaine.

Le marché est loin d’être saturé puisque d’autres nouveaux produits 100% naturels font leur apparition. Les plus connus sont ceux de  » Dead Sea Treasurs « . Le secteur de la coiffure est à son tour en plein effervescence. Les franchises deviennent de plus en plus nombreuses : Jacques Dessange, Claude Maxime, Jean-Claude Biguine, Franck Provost, Carita… Quant à la production nationale dans ce domaine, elle reste dominée par Azbane. C’est le premier producteur marocain de shampoings, savons, eaux de toilette, maquillage et d’une large gamme pour hôtel.

Les produits de grande consommation sont, eux, fabriqués par les multinationales présentes sur la place: Procter & Gamble, Unilever, Johnson & Johnson, Gillete, Colgate, Palmolive. Le Maroc se positionne aussi au niveau de la production d’essences et d’extraits de plantes. Ces produits sont exportés à l’état brut pour être traités et purifiés à l’étranger afin d’obtenir les matières nécessaires à la fabrication des parfums et des autres eaux de toilettes.

Houda Benbouya