Les maris volages en rogne

La colère gronde chez les maris volages ivoiriens. Le couvre-feu de 19h, imposé a Abidjan, les oblige à délaisser leurs maîtresses. Bon gré mal gré, ils redécouvrent la fidélité. Pour la plus grande joie de leur légitime.

Avec le couvre-feu à Abidjan, fini le  » gasoil « , autrement dit la noce, en argot ivoirien. Mais, ce qui se révèle être une bénédiction pour les épouses ivoiriennes, est une malédiction pour les maris cavaleurs. Chômage technique, les Ivoiriens se retrouvent privés de leur  » deuxième bureau  » (leur maitresse) !

 » Je suis énervé !  » Tel est le nouveau cri de colère des hommes ivoiriens à leurs femmes. Depuis l’instauration du couvre-feu – et plus particulièrement depuis qu’il est avancé de 21h a 19h – ils ne font plus mystère de leur mécontentement.

La nuit, tous les chats sont gris

Pour preuve, les propos de Joseph, contractuel à la mairie du Plateau, le quartier des affaires d’Abidjan :  » Depuis affaire du couvre-feu là, on ne peut plus sortir. Quand je pense que pour le 24 décembre, on va payer habits pour rien…  » (offrir des des habits pour rien). Lorsqu’ on lui demande s’il ne peut pas faire la journée ce qu’il fait la nuit, il rétorque :  » Dans la journée là, on voit trop la figure des gens. La nuit, tous les chats sont gris.  » En d’autres termes : il est privé de virées nocturnes avec sa maitresse.

Les Ivoiriens sont en passe de devenir les plus fidèles maris d’Afrique de l’Ouest et même du continent. Le couvre-feu a mis le holà aux activités des  » sorcières « . Les  » Je suis énervé  » n’y changeront rien. A 19 h, les époux auront tous regagné le domicile conjugal. Ceci explique peut-être, en partie, l’élégance de certaines Ivoiriennes en ces temps difficiles, trop heureuses d’avoir l’exclusivité sur leur cher et tendre. Que la nouvelle paix des ménages soit le signe de celle, imminente, qu’appelle de toute son âme la Côte d’Ivoire. Du nord au sud et d’est en ouest.