Les journalistes africains se saisissent d’Internet

A l’occasion des Rencontres d’Autrans 2001, placées sous le thème  » L’Internet pour tous « qui se tiennent du 10 au 13 janvier, Afrik.com a cherché à connaître l’avis de spécialistes sur la question de l’Internet en Afrique. Une des intervenantes, Odile Ambry, revient sur les bouleversements qu’a fait apparaître Internet sur le continent africain.

Odile Ambry, journaliste, vice-présidente de l’Isoc (chapitre français de l’Internet Society) et cofondatrice du site tocsin.net, participe aux 5èmes Rencontres de la société française en réseau, qui se tiennent à Autrans (France) du 10 au 13 janvier. Odile Ambry effectue depuis quatre ans des missions en Afrique. Parmi les projets qu’elle a mis en oeuvre : l’élaboration d’un réseau de médias francophones en ligne, et le travail sur l’Intranet d’un certain nombre de journaux papiers de différents pays africains, qui leur permet de communiquer, d’échanger des articles et des informations.

Odile Ambry s’est également occupée de la formation Internet des journalistes.  » Il n’y a que quatre ou cinq ans que les journalistes ont découvert l’informatique. Les grands médias nationaux – télévisions, radios – n’avaient pas ou peu d’équipements. Un quotidien comme ‘Le Soleil’ par exemple commençait tout juste à s’informatiser « , explique-t-elle. Elle poursuit :  » Ces pays sont passés de la génération papier à celle d’Internet, sans phase de transition.  »

Elle note que tous les pays ne sont pas tous logés à la même enseigne :  » A part le Sénégal qui a fait des choix technologiques rapides ou la Côte d’Ivoire et le Gabon qui ont des moyens, beaucoup d’autres pays sont à la traîne. Le Niger ou le Bénin par exemple sont très en retard. Pour autant, l’arrivée d’Internet a profondément bouleversé les pratiques. Comme pour la démocratie, la production de l’information et les rapports à la diaspora.  » En Afrique, les habitudes de transmission des informations sont spécifiques : il suffit d’un poste connecté à un endroit stratégique, pour que l’information circule.  »

Une visibilité accrue

L’accès à Internet modifie également la perception des grandes questions de santé et d’environnement. Le virus ebola, le sida ou les OGM, sont des questions largement abordées sur le Net.  » Cela donne une visibilité potentielle aux chercheurs africains, qui seront peut-être tentés de retourner travailler chez eux, même si les salaires y sont bas. Cela peut donner, à terme, un changement économique dans certains pays « , espère la journaliste.

Internet permet également de garantir les liens sociaux avec la diaspora, et de rendre visible l’information en provenance d’Afrique. Pour Odile Ambry :  » Pour l’instant, c’est le Nord qui produit de l’information sur le Sud. On peut imaginer, en étant très optimiste, que ce soit le contraire. Ce n’est sûrement pas pour l’instant, mais il y a un vrai potentiel que les élites intellectuelles sont prêtes à saisir. Et c’est un point qui me semble primordial. «