Les Ivoiriens, les voitures et Internet

Le phénomène est récent mais semble prendre de l’ampleur. Les Ivoiriens branchés sur le Net achètent de plus en plus leur voiture via le Web. Un économiste ivoirien installé en Allemagne leur propose des prix défiant toute concurrence. Les marchands locaux d’Abidjan s’inquiètent.

La vente de voitures neuves et d’occasion sur Internet a de l’avenir. Et les vendeurs abidjanais se font du mauvais sang, selon notre confrère Fraternité Matin qui titre :  » Les vendeurs locaux menacés par Internet « . Sur Abidjan.net on trouve en effet plusieurs petites annonces vantant des voitures haut de gamme à des prix défiant toute concurrence, achetées et acheminées depuis l’Allemagne. Qui se cache derrière ces propositions de choix ? Désiré Saoué, économiste et informaticien ivoirien installé en Allemagne depuis 10 ans et qui s’est lancé dans le commerce de voitures il y a 3 ans.

 » Il y a un réel besoin en Afrique. En Côte d’Ivoire, c’est malheureux mais les voitures coûtent deux fois plus cher qu’en Allemagne. Au départ, j’ai acheté des voitures ici pour aider des amis en Côte d’Ivoire. Puis je me suis rendu compte de la potentialité existante. Travailler par Internet me permet de réduire mes coûts au maximum. Et puis les gens ont Internet au bureau et dans les cybercafés. Avec 500 F CFA, ils peuvent comparer les prix et trouver l’auto de leurs rêves. C’est ce que font tous les Européens avant d’acheter une voiture, ils consultent d’abord le Net. L’Allemagne est un réservoir de belles voitures, il suffit de jongler avec l’offre et la demande « , explique-t-il.

Du haut de gamme

Les internautes intéressés reçoivent une photo de leur futur véhicule et une description précise de ses critères. Ils ont un relais sur Abidjan : le premier client de Désiré Saoué devenu son commercial. Il faut dire que l’Ivoiro-allemand lui a fait faire une sacrée économie : la BMW 323 i qu’il convoitait coûtait 36 millions de F CFA à Abidjan. Il a fini par la payer 12 millions.  » La voiture avait deux ans mais était comme neuve. Les Allemands prennent soin de leur voiture comme d’un bijou !  » précise Désiré Saoué. Son associé veille à la réception du véhicule à l’arrivée au port jusqu’à ce qu’il soit remis au propriétaire.

Désiré Saoué ne fait que dans le haut de gamme (BMW, Mercedes, Audi, Lexus…), ses voitures ont entre 0 et 6 ans et il n’achète jamais en France car les automobiles y sont moins bien entretenues. Pour mieux se faire connaître, Désiré a créé son site Internet.  » Mon but est vraiment de rendre service, de permettre aux gens d’acheter une voiture. Je souhaite aussi pousser ceux qui vendent en Côte d’Ivoire à appliquer de meilleurs tarifs, à laisser tomber les prix exorbitants qui sont pratiqués sur le marché.  » Résultat : sa petite affaire roule plutôt bien, draguant des clients jusqu’au Liberia.

Ce qui fait la différence

Les vendeurs du carrefour Giscard d’Estaing à Abidjan n’ont qu’à bien se tenir.  » C’est un faux procès de dire que nous sommes cher « , ont-ils expliqué à Fraternité Matin.  » Nous, nous sommes installés. Nous payons des taxes et l’espace que nous occupons. Les vendeurs sur Internet n’ont pas de parc automobile, ils peuvent donc se permettre de pratiquer des prix bas.  »

Désiré Saoué, lui, fait une autre différence :  » Je ne vends pas les mêmes véhicules que les vendeurs ivoiriens sur place. Ils ont des automobiles âgées de 10 ou 15 ans. Nous n’avons pas le même créneau et ils trouveront toujours des clients pour leurs voitures.  »

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Pour joindre Désiré Saoué : hautegamme@hotmail.com