Les Ivoiriens en panne de tabac

L’industrie du tabac traverse une grave crise à cause de l’insurrection militaire en Côte d’Ivoire. Les activités de la Société ivoirienne de tabac (Sitab) sont compromises et le prix des cigarettes flambe sur le marché parallèle.

Tout le monde est perdant. L’Etat ivoirien ne fait pas rentrer dans ses caisses 150 millions de F CFA quotidiennement en droits et taxes, la Société ivoirienne de tabac (Sitab) 460 millions de recettes et le consommateur paie son paquet de cigarettes trois fois plus cher. Les conséquences économiques de l’insurrection militaire commencent à se faire ressentir sur l’industrie du tabac. Le directeur général de la Sitab, Alastair Jamieson, tout en réaffirmant la volonté de son entreprise de ne pas quitter la Côte d’Ivoire, estime les pertes à près de 500 millions de F CFA par jour. Une situation qui pénalise aussi les 3 500 planteurs ivoiriens qui se retrouvent sans commandes alors que la récolte bat son plein et doit prendre fin, au plus tard, en décembre.

La récolte en fumée

En rachetant la Sitab à Bolloré, en avril 2001, le fabricant britannique Imperial Tobacco s’est positionné en force sur le marché du tabac en Afrique de l’Ouest. Il comptait desservir, à partir d’Abidjan, les pays limitrophes. Avant la crise ivoirienne, la Sitab produisait 3,5 milliards de cigarettes pour le marché ivoirien, 660 millions pour le Niger, 220 pour le Togo,128 millions pour le Bénin et 40 millions pour le Mali.

Selon la Sitab, le marché ivoirien est de 300 millions de cigarettes par mois et elle se propose d’en produire 200 millions. Le reste sera importé de Dakar. Cette pénurie concerne aussi bien les zones sous le contrôle des rebelles que celles restées dans le giron des forces gouvernementales. D’ailleurs, les deux parties avaient convenu de mettre en place un corridor économique. Le 29 octobre dernier, les usines de la Sitab à Bouaké, la seconde ville du pays administrée par les rebelles, ont réouvert leurs portes avec l’accord des autorités ivoiriennes.